Publié le 27 Septembre 2014

Elle est audacieuse Sarah, résolument audacieuse. Elle est vivante. Avec elle, c'est joyeux, c'est festif. C'est la vérité. C'est maintenant. C'est une prière. Fais-moi rire. Fais-moi rire. Fais-moi oublier tout le reste. Les menteries des jeunes hommes au cœur rabougri. La maladie de ma sœur. Les interdits, la sale ambiance à la maison, le calme morbide de toutes les nuits. Y a plus trop le choix crois-moi. Soyons folles avant la tombée du jour. Arrache-toi de là. Vite. Plus une minute à perdre. Viens avec moi. Allons jouer avec le feu. Mais balance cet élastique à la fin ! Lâche tes cheveux. Oui voilà, comme ça. Tiens, essaye ça, c'est du grenat, tu verras à quel point ça te va. Regarde-toi.

La porte métallique claque derrière nous. Je sursaute, elle s'en moque.

Elle me tire par l'avant-bras. On monte dans la voiture rouge sang bardée de poussière.

Sois tranquille. Personne ne peut rien contre nous deux. Toi + Moi, c'est une alliance inquiétante. La plus secure des planques.

Elle appuie sur la pédale et on s'éloigne de la tragédie.

© Photo: Naomi Wong - www.naomiwongo.tumblr.com

© Photo: Naomi Wong - www.naomiwongo.tumblr.com

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Publié le 3 Janvier 2014

Dans une superbe robe noire de taille empire, le port de tête orgueilleux, perchée sur de splendides déraisons, elle dégringole de la grève vers l’horizon rosé, fondant elle et mes espoirs fragiles dans le parfait coloris du souvenir.

Aux abords de la Cité, de divines artisanes usinent délicatement la pellicule cramoisie qui surplombe nos mémoires. Elles sont pareilles à cette sylphide resquilleuse émergeant de mes nuits.

Elles portent une stèle sur le cœur et protègent l'âme des villes. 

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Publié le 27 Mai 2013

Texture - cahier 1

Il y avait des nuages comme de gros coussins en plumes qui me donnaient envie de partir en rêve. À quelle heure devais-je commencer à vivre ? Il était encore tôt. Le matin était frais et doux, le ciel comme je l’aime en hiver, d’un bleu violacé tendre. Nous avons roulé à toute allure vers la ville qui naissait lentement. Je vivais parfois l’éveil d’anonymes depuis les barres rectangulaires où des carrés de lumière s’allumaient par intervalles. Je me demandais comment avait été leur nuit et ce qu’ils feraient de leur jour. Je me demandais aussi qui ils étaient.

C’est son anniversaire et je ne sais pas quoi lui offrir. Peut-être mon nom. C’est injuste pour lui, si je venais à disparaître je m’effacerais définitivement de son monde laissant pour vestige une cicatrice invisible. Qui pourrait le comprendre quand il pleurera une muse fantasmatique habitant quelque part derrière la mer ?

Ils prendront ça pour un délire. Le diagnostic fera mal à mon ange. Il leur dira tout. Que j’étais vierge et qu’il a été le premier. Ils demanderont à voir la bague, il répondra que nous n’en avions pas. Que seuls les appels du manque qui frappent sa poitrine peuvent témoigner de notre amour.

Personne ne le croira. Mais ils feront semblant, ils auront des yeux compatissants et des tapes fraternelles et s’éloigneront promettant de téléphoner pour avoir des nouvelles.  

C’est son anniversaire et je ne sais pas quoi lui offrir. Il m’a demandé de lui raconter, je n’ai pas su dire non parce que c’était lui. Sur le coup je répondais aux questions, je m’évertuais à retransmettre les images mémorielles en les détachant lentement de la matière affective. Après, je n’ai pas réussi à m’en défaire, tous ces souvenirs remontés à la surface, ça faisait longtemps que je n’avais pas pleuré mon père. Je lui ai dit que je n’aimais pas parler de mon passé, que je ne voulais pas que les gens s’étonnent, encore moins qu’ils s’extasient, que je n’avais pas envie d’être une « curiosité ». Un personnage anonyme finalement, comme dans une coupure de presse un peu sanglante, un peu triste. Un fait divers.

 

30. Un problème au formatage


Mercredi 23 février 2011

C’est mon anniversaire, le trente-neuvième, le premier avec elle. Nous nous sommes levés tôt, elle est assise à côté de moi, l’œil un peu vague, sûrement encore dans les brumes d’un rêve avorté. Hier, elle m’a demandé que l’on parte à l’heure même de ma naissance, à trois heures quarante-cinq, que l’on prenne la voiture, « pour rouler », exigeant juste d’être de retour en ville à sept heures vingt-sept, « précise ».

Je ne m’étonne pas, j’obtempère, la réveille et l’embarque, conduis en direction de l’Atlas, fais demi-tour sur un bord de route anonyme, elle est silencieuse, je ne m’en offusque pas, je suis habitué, elle est spéciale, c’est mon amoureuse, un problème au formatage sûrement, je l’aime.

C’est mon anniversaire, le soleil tend ses premiers rayons et moi j’accélère, les faubourgs de la ville défilent à toute allure et moi je ne sais toujours pas. La portière claque à l’heure, retour à la case départ, « viens te coucher mon amour, tu dois être bien fatigué » sont ses seuls mots, retour au lit, sept heures trente.

Je m’endors, ce faisant, je me dis que ce devait être une sorte de test, une surprise à sa manière, ou peut-être une envie de silence et de nuit d’hiver, un cadeau en quelque sorte. Finalement peu importe, c’était un moment avec elle.

 

Nada Leil & Thomas Roche-Ponthus.

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Publié le 27 Mai 2013

«    Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres,

      Nos silences, nos paroles,

      La lumière qui s’en va, la lumière qui revient,

      Un seul sourire pour nous deux,

      Par besoin de savoir, j’ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d’apparence,

      Ô bien-aimé de tous et bien-aimé d’un seul,

      En silence ta bouche a promis d’être heureuse,

      De loin en loin, ni la haine,

      De proche en proche, ni l’amour,

      Par la caresse nous sortons de notre enfance,

      Je vois de mieux en mieux la forme humaine,

      Comme un dialogue amoureux, le cœur ne fait qu’une seule bouche

      Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser,

      Les sentiments à la dérive, les hommes tournent dans la ville,

      Le regard, la parole et le fait que je t’aime,

      Tout est en mouvement, il suffit d’avancer pour vivre,

      D’aller droit devant soi vers tout ce que l’on aime,

      J’allais vers toi, j’allais sans fin vers la lumière,

      Si tu souris, c’est pour mieux m’envahir,

      Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard. »

 

Le poème dans Alphaville.

Jean-Luc Godard. 1965.

 

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Publié le 26 Mai 2013

http://www.pixelvalley.com/forum/img/users/22223_Sleepwalker.jpg

 

Hier soir, quelques minutes après avoir rejoint mon lit, je me suis branchée sur Europe 1 et j’étais heureuse d’y retrouver Vanessa Paradis invitée à On connaît la musique.

Une fois l’entretien bien entamé, le journaliste lui a posé une question sur son côté rare et mystérieux. Elle a merveilleusement répondu. C’était tout de même une question sordide.

Je crois qu’on demeure mystérieux uniquement aux yeux de ceux qui ne veulent pas voir. Si tu le veux, l’essentiel saute aux yeux. On transparaît quasi immédiatement à ceux qui veulent sincèrement nous connaître. D’ailleurs, cette idée ‘’d’envie de connaître’’ est stimulée par nos intuitions, nos sensations, nos impressions de l’autre. Nous sommes guidés par une sorte de vérité originelle vierge de toute expérience, mais bardée de perceptions.

J’aime les gens qui disent tout haut ce qu’ils pensent tout bas de toi si tu le leur demandes, ou même sans parfois. Que ça soit de jolies choses ou non. Ces personnes décomplexées qui ne cherchent pas à te plaire, mais plutôt à se plaire. Les personnes qui n’ont pas peur de se montrer vulnérables. Ces personnes qui aspirent seulement à se ressembler, à être en accord avec elles-mêmes.

Ces gens-là tu vois, avec leurs parts d’empathie, leurs parts de sincérité, ils me touchent énormément et je verse souvent quelques larmes en repensant à leurs mots.


·          « Je pensais connaître toutes les portes qui menaient à mon cœur, mais j’ai oublié que certaines voix pouvaient abattre les murs, ne pas passer par la porte, ni même se faufiler par une petite brèche, mais simplement abattre les murs, défoncer la structure, ou du moins y aspirer. Oui, la petite voix y aspire. La petite voix trouve mes portes risibles, trop étroites et indignes de sa majesté. La petite voix ne voudrait pas entrer, elle voudrait atterrir ; elle ne veut pas apparaître, elle veut surgir. Pourtant la petite voix est une petite voix. Elle ne se donne même pas des airs de grande voix, elle se fiche d’en être une. Mais les grandes marées déferlent en se dissimulant dans les petits mots que la nuit murmure.

           Ma structure est menacée ; que ma joie demeure ! »

A.     , mon idéal indécis. 17.08.2011.

 

 

·          « — … Et dès que j'ai entendu ta voix

          Me suis dit, c'est sûr, c'est ELLE !

— Et tu avais raison : )

Ça me fait trop plaisir d'apprendre que tu m'as écoutée !

          :)

— Je parais comment ?

— Douce et romantique

Un peu fragile.

Féminine. »

S. , un garçon adorable, un peu paumé et avec qui j’aime me perdre, il vit dans une autre ville du pays et est tombé par hasard sur cette émission radio où j’étais. 14.05.2013.


 

·           Elle m’a confié qu’elle avait regardé le soir d’avant Un monstre à Paris et a ajouté : « Luciole, la chanteuse, m'a drôlement fait penser à toi. Elle te ressemble sur plusieurs plans ! »

      I.       , l’âme sœur, celle qui occupe désormais mes pensées les plus délectables. 15.03.2013.


 Image : Sleepwalker, La somnambule — Lisa Meyer Photographie.

 

 


 

 

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Publié le 25 Mai 2013

http://madame.lefigaro.fr/sites/default/files/imagecache/photo_verticale_grande/2012/08/3c-cover-story-lea-seydoux.jpg

 

« J'ai demandé à ma mère de mettre sur mon bureau, pour toi, ce que j'ai de plus précieux : mes journaux intimes.

Je veux que ce soit toi qui les conserves, il y a là tous mes souvenirs d'ado teintés de bleu. Bleu encre, bleu azur, bleu marine, bleu klein, bleu cyan, bleu outremer... Le bleu est devenu une couleur chaude.

Je t'aime Emma, tu es l'être de ma vie. »


Julie Maroh.     

 

 


 

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