Publié le 29 Septembre 2012

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« […] Votre écriture est très belle, vos textes je les lis souvent à voix haute pour me rendre compte de tout ce que vous y mettez.

 […] je me dis que tout travail remarquable finit par se voir, et que tout est une histoire de hasard, j’espère que des gens bien iront lire vos textes. […]  » N.

 

J'ai repensé souvent à vos mots.

Ça me touche énormément de savoir que quelqu'un quelque part, en plein jour ou au milieu de la nuit, lit mes textes.

Surtout que.
Ce n'est pas pour moi que j'écris. J'écris pour faire vivre des émotions, ouvrir des fenêtres, offrir un peu de ce que j'ai reçu. Donner envie.

Merci pour vos vœux.

 

« Je suis un peu étonnée, je trouve ça rare qu’on n’écrive pas d’abord pour soi. Vous avez une belle manière de voir les choses. »

 

J’ai toujours écrit pour les autres, je crois que j’ai d’abord écrit pour mon père. J’ai écrit aussi parce que c’était ma manière de me sentir libre ‘’entre quatre murs’’, ma manière de laisser une trace de cette évasion passagère.

 

Après ça a changé. J’écris un peu ce que j’aurais aimé lire, c’est comme une bouteille à la mer ; pour qu’un jour peut-être, ces mots trouvent amarrage. Comblent un écartement, une brèche. Nourrissent un corps autre que le mien.

 

J’écris sur la petite musique des jours.

Y a des jours qui ressemblent à un morceau de pop lo-fi, avec bruits de casseroles traînées sur le sol, entrechoquement de synthés en  plastique pour mômes mélomanes… mugissements déclenchés au cœur de ces peluches remportées aux jeux de tir, à la foire.

 

(J’ai encore des choses à te raconter, mais là je suis déjà en retard.)

 

A tout bientôt.

 

Image : Photographie – Bernard Plossu.

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Rédigé par L.

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Publié le 28 Septembre 2012

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Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Qui es-tu ?
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Comment me serais-je doutée que cette ville était faite à la taille de l’amour ?
Comment me serais-je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ?
Tu me plais. Quel évènement. Tu me plais.
Quelle lenteur tout à coup.
Quelle douceur.
Tu ne peux pas savoir.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J’ai le temps.
Je t’en prie.
Dévore-moi.
Déforme-moi jusqu’à la laideur.
Pourquoi pas toi ?
Pourquoi pas toi dans cette ville et dans cette nuit pareille aux autres au point de s’y méprendre ?
Je t´en prie…

(…)

Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Cette ville était faite à la taille de l’amour.
Tu étais fait à la taille de mon corps même.
Qui es-tu ?
Tu me tues.
J’avais faim. Faim d´infidélités, d’adultères, de mensonges et de mourir.
Depuis toujours.
Je me doutais bien qu’un jour tu me tomberais dessus.
Je t’attendais dans une impatience sans borne, calme.
Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu’aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir.
Nous allons rester seuls, mon amour.
La nuit ne va pas finir.
Le jour ne se lèvera plus sur personne.
Jamais. Jamais plus. Enfin.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté.
Nous n’aurons plus rien d’autre à faire que, plus rien que pleurer le jour défunt.
Du temps passera. Du temps seulement.
Et du temps va venir.
Du temps viendra. Où nous ne saurons plus nommer ce qui nous unira. Le nom ne s’en effacera peu à peu de notre mémoire.
Puis, il disparaîtra tout à fait.

 

Marguerite Duras – Hiroshima mon amour.

 

Image : Jestin Yoann, Le Bever Pierre, Le Helleye Julien, Le Vacon Ronan, Kalfane Rahman.

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Rédigé par L.

Publié dans #Des livres plein les mains

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Publié le 27 Septembre 2012

Rédigé par L.

Publié dans #Playperso

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Publié le 20 Septembre 2012

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Je retrouve une robe neuve dans une valise du fond du placard. Elle est belle. Son tissu tout de suite me séduit. Je retourne l’étiquette : « Ce vêtement est fabriqué au Népal, a été réalisé de manière artisanale. Nous vous conseillons de laver séparément à l’eau froide. Aucune enfant ne participer à la fabrication de ce vêtement ». Je souris. Doit-on croire une étiquette ?


Mon parfum du moment c’est Paris-Roses des vergers, une édition limitée d’Yves Saint Laurent.


Tu dis que tu l’adores. Je t’en asperge pour rigoler. Tu te venges en m’arrosant avec le tuyau de jardin alors que je le traverse pour sortir. C’est sympa ! Maintenant ma robe est toute trempée et le bleu déteint sur ma peau. Tu viens te coller à moi pour tout arranger. Entre tes bras je suis condamnée. Tu me barres le passage. Je ne veux pas que tu partes. Reste avec moi.


Fais de moi ton paysage (ton pays sage).


Août 2010

 

Image : Peinture à l’huile – Justyna Kopania.

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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Publié le 14 Septembre 2012

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N.

Elle est soleil, elle est céleste. Elle me fait penser à un losange de pâte de fruits au teint d’ambre, hyaline et cuisante aux coins ; au cœur, confidentielle.

Sans les dessous de sucre glace.

Elle est quartier luisant, confit de mandarine. Zeste d’orange sanguine.

Un concert sous acide qui passe en boucle sur la bande passante de mes émois. Elle me saisit aux yeux, aux jambes, aux bras. Pourtant je n’ose pas encore lui prendre la main.

Elle me déverse à petits flots cahotant sur ses jours à ravir ; puis me balaie à grande eau.

La nuit en pente, je dégringole.

Me rappelle combien de jour elle me malmène, à coup de fards fumants, de regards flous, de rires, de moues.

Peine perdue.

Je crois qu’elle conserve un idéal sous cellophane, et moi je ne passerai jamais ses douanes.

 

M.

Je voudrais qu’il ait un regard doux. Les doigts agiles. L’amour en tête. L’âme en fête. La voix chantante. Des rêves échappés. Des craintes en fuite. De la prose sur le revers de la main : qu’il me parle en mots à dix-neuf synonymes, en requiem sur le temps qui se range et allitérations sur l’éventuel à venir. J’aimerais que ses ‘’s’’ soient sensuels et sensitifs.

Qu’il soit amoureux de l’instantané, mais aussi de de tous ces instants pas encore nés.

Qu’il ne me regarde pas épouvanté si je lui propose comme moi un sandwich moutarde moutarde moutarde ou une tartine au citron cru.

Et puis surtout, que nous allions tous les jours voir la mer.

 

Image : Photographie – Bernard Plossu.

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 13 Septembre 2012

ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie enveloppée par tant de douceur, tant de sagesse.

 

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« ... Au lieu d'une vision à l'exclusion des autres, j'eusse voulu dessiner les moments qui bout à bout font la vie, donner à voir la phrase intérieure, la phrase sans mot, corde qui indéfiniment se déroule sinueuse, et, dans l'intime, accompagne tout ce qui présente du dehors comme du dedans.

 Je voulais dessiner la conscience d'exister et l'écoulement du temps. Comme on se tâte le pouls. Ou encore, en plus restreint, ce qui apparaît lorsque, le soir venu, repasse (en plus court et en sourdine) le film impressionné qui a subi le jour.

 Dessin cinématique.

 Je tenais au mien, certes. Mais combien j'aurais eu plaisir à un tracé fait par d'autres que moi, à le parcourir comme une merveilleuse ficelle à nœuds et à secrets, où j'aurais eu leur vie à lire et tenu en mains leur parcours.

 

 Mon film à moi n'était guère plus qu'une ligne ou deux ou trois, faisant par-ci par-là rencontre de quelques autres, faisant buisson ici, enlacement là, plus loin livrant bataille, se roulant en pelote ou – sentiments et monument mêlés naturellement – se dressant, fierté, orgueil, ou château ou tour... qu'on pouvait voir, qu'il me semblait qu'on aurait dû voir, mais qu'à vrai dire personne ne voyait. »

   

Henri MICHAUX – Passages, 1950.


Image : affiche de M.

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Rédigé par L.

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Publié le 11 Septembre 2012

 

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Les filles veulent tout ce que je touche. Les garçons me touchent puis disparaissent.

Sinon, le ciel est bleu et les oiseaux s’y chantent la sérénade.

(Majda)

 

On ne mélange pas travail et sentiments...

Je pense que les filles pauvres devraient quand même avoir le droit de rédiger des tests amant pour des magazines féminins à succès.

(Lisa)

 

Image : Couverture d’un magazine vintage – Confidences, 1949 avec Coleen Gray.

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Rédigé par L.

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Publié le 10 Septembre 2012

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Tu m’as demandé de dire la première connerie qui me passait pas la tête.

Je ne sais pas. Je ne pense à rien, rien ne me passe par la tête.

C’est parce que je suis sûre que tu cherches une connerie intelligente.

Peut-être.

Bon, voilà.

 Je voudrais avoir dix ans. Pour vivre les choses que je ne vis plus.

Rêver de devenir grande.

Avoir plein d’amoureux.

Dessiner tout le temps, partout.

*

Je crois que ça fait plus d’une semaine, je t’ai déjà dit que tu m’avais manqué et je ne pourrais rien y soustraire aujourd’hui. Je me remémore tes phrases, t’as dit ‘’une voix enfantine aux consonances tristes’’, ‘’tu as de beaux yeux’’. Tu as aussi dit quelque chose comme j’aimerais pouvoir te regarder sur le fil des silences.

Sans oublier le fait que tu m’as fait promettre de sourire plus de dix fois, sans aucun doute.

Mais depuis je n’ai aucune idée de là où t’es passé. Ni pourquoi c’est à ton tour d’avoir de la peine.

*

Une autre sottise qui me passe par la tête.

Je voudrais être sous un lampadaire qui donnerait sur la mer.

 

Image : Photographie Sandrine Coutat – Espagne.

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Publié le 7 Septembre 2012

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assiégés nous étions assiégés et c’était sans déplaisir mais depuis nous nous sommes tristement acquittés de bien des espérances déjà quelques mois avant toi je ne croyais plus trop en la franchise des mots émiettés çà et là disposés en appâts pour jeunes âmes virginales je ne dissimule plus rien de mes doutes de mes craintes de mes ardeurs déconfites quand la nuit tombe et imbibe l’étoffe blême sous ma joue mauve de contrariété heureusement les matins de flanelle détrempée exhibent parfois un arrière-goût de dune

 

mais

la nébulosité du soir revenu objecte vite que les minutes ne sont plus le capital pâteux du filtre à cafetière le jour est dissipé et aucun parfum ne distrait alors l’optimisme en pâmoison c’est là qu’on se quitte

 

pourtant

je voulais des pivoines dans mon jardin

entérinée la gentillesse trompeuse toutes les paroles caramels ramollis par le temps au fil du mois d’août de l’été les souvenirs des territoires rebelles je n’y suis qu’en balade quinze secondes c’est comme si nos mots et nos voix nos syllabes nos voix recouvraient nos corps réimprimaient leurs éraillures comme lorsqu’on s’embrasait en travers des alinéas je ressens maintenant tes petits souffles froids sur mon ventre de nouveau nos vies emmêlées

 

peut-être

nous avons captivé le présent il nous a capturés à jamais

 

Image : L'amour, l'amant, et les passantes.

http://scanman.blogspirit.com/

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Rédigé par L.

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Publié le 6 Septembre 2012

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Je suis une poupée abîmée aux yeux de petite fille, à la voix de petite fille et aux rêves d’enfant gâtée. Je suis fatiguée. Ces derniers mois ont été des plus éprouvants et j’ai besoin de renouveau pour ne pas sombrer. J’ai peur de toi, peur de n’être à ta vie qu’un passe-temps, un ciment pour colmater les lézardes de tes murs : « un enduit sur la tristesse ».
Il fut un temps où je disais attendre celui qui avec sa langue me ferait un lavage de cerveau — de Fellag empruntée à Boudou —, mais je n’en suis plus là.
Aujourd’hui j’attends plutôt celui avec qui réaliser mes lubies. Celui avec qui créer.
Celui qui fera mes yeux briller de défis improbables.

 

18 août 2011, 19:58

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Rédigé par L.

Publié dans #Journal

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