recit (1)

Publié le 30 Mai 2015

22.

"Je me dis que ça pourrait être si simple, ses yeux plongés jusqu'aux tréfonds de mon regard. Au lieu de s'éviter maladroitement. Que comme ça on chercherait ensemble la lumière au bout du tunnel. Qu'on échangerait des dizaines de caresses en cours de route pour apaiser nos doutes. C'est pas hors de prix, c'est à portée de main. Non pas de lune de miel, juste quelques biscottes et un pot de miel en coin de table. Même sans beurre, ça peut le faire."

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 5 Mai 2015

... dans ma ville pour se sentir libre, il faut mentir ou vivre caché. Pour réussir à se cacher, il faut imiter les caméléons afin de se déplacer sans se faire remarquer, cela revient à se fabriquer une apparence inspirée de l’atmosphère générale et se fondre subtilement dans le décor. Et l’on jongle ainsi entre plusieurs rôles de place en place, histoire d’être apprécié du plus grand monde et surtout ne jamais défrayer la chronique. Rares sont ceux qui osent s’affirmer au risque de déplaire, et c’est là le triste désaveu de la personnalité. Car ici plus qu’ailleurs, le nombre rassure, le groupe protège, la foule galvanise.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 11 Octobre 2014

En réalité, on roule vers nowhere, rien que pour le plaisir d'avaler des kilomètres, pour échapper à la mentalité répugnante de cette ville captative, qui ne pense qu'à t'attraper, te fixer, t'encercler ; en bref, suspendre ton mouvement pour mieux t'engloutir. Là, à toute allure, sur la route de la plage, avec les cheveux libérés dans la brise tiède de juin et qui dansent en rythme de part et d'autre de la bagnole, on a de visu dans le rétro la bande déroulée du temps, et pour le coup, elle est montée des fragments d'un présent authentiquement choisi.

Ce sérieux contentement produit l'effet d'un sédatif qui se distillerait en nous à petites doses. On a plus mal nulle part. Nowhere.

Je plane et R. devient flou.
Je fuis un baiser scénarisé. Je donne le dos à l'image de ses lèvres qui rêvent de se poser sur les miennes, mais qui manquent de courage. Je décide d'ignorer cette certitude et avec toutes les bifurcations du chagrin qui n'a de cesse de s'étendre en lui.

Je renonce à l'écoute de sa complainte secrète. C'est comme si je m'offrais une parenthèse et qu'à l'intérieur je me moquais de sa faiblesse. Je me confisque l'empathie que j'ai pour lui. Je fais une pause, l'amour reste au seuil de la parenthèse, il gratte sur la porte comme un chaton candide qui espère retrouver un peu de chaleur tandis que j'apprends à dire non, pas maintenant.

Photographie : Nadj Marko

Photographie : Nadj Marko

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 27 Septembre 2014

Elle est audacieuse Selma, résolument audacieuse. Elle est vivante. Avec elle, c'est joyeux, c'est festif. C'est la vérité. C'est maintenant. C'est une prière. Fais-moi rire. Fais-moi rire. Fais-moi oublier tout le reste. Les menteries des jeunes hommes au cœur rabougri. La maladie de ma sœur. Les interdits, la sale ambiance à la maison, le calme morbide de toutes les nuits. Y a plus trop le choix crois-moi. Soyons folles avant la tombée du jour. Arrache-toi de là. Vite. Plus une minute à perdre. Viens avec moi. Allons jouer avec le feu. Mais balance cet élastique à la fin ! Lâche tes cheveux. Oui voilà, comme ça. Tiens, essaye ça, c'est du grenat, tu verras à quel point ça te va. Regarde-toi.

La porte métallique claque derrière nous. Je sursaute, elle s'en moque.

Elle me tire par l'avant-bras. On monte dans la voiture rouge sang bardée de poussière.

Sois tranquille. Personne ne peut rien contre nous deux. Toi + Moi, c'est une alliance inquiétante. La plus secure des planques.

Elle appuie sur la pédale et on s'éloigne de la tragédie.

© Photo: Naomi Wong - www.naomiwongo.tumblr.com

© Photo: Naomi Wong - www.naomiwongo.tumblr.com

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 22 Janvier 2013

Sensuelle-reveuse.jpg

 

Eye-liner liquide noir avec effet brillant, mascara marron, baume à lèvres arôme pamplemousse rose et par-dessus tout le rouge cerise Guerlain n° 2 (antiquité retracée parmi les annales de maman) ; dans le cadre, au centre du cadre, il faut que je me ressemble un peu beaucoup passionnément, avant de le rencontrer.

Dehors, sur le ponton, sous la lumière des candélabres, sur les feuilles affolées des arbres, la rosée piquante du soir conjugue nos amours propres au subjonctif.

Si je rentre vite de ma fuite, il s’en ira faire valser d’autres lolitas sur ces mêmes pavages lactescents barbouillés d’attentes et de conjectures salines.

À chaque fois, ma fierté prend des coups sur le chemin qui me ramène à moi, elle survit mal à sa présence, elle sort de sa chambre toujours les petites voies aériennes collabées. Mais je suis multirécidiviste et c’est aussi irrévocable qu’une transmission congénitale : j’ai hérité de papa le goût du risque, une répugnance pour la facilité, l’amour de l’amour.

Il n’y a pas de mots d’entrée de jeu, juste sa main futée qui glisse sous le décolleté engageant de la petite robe noire. Non plus de mots en cours de route ; il y a seulement des mains qui dégrafent délacent débarrassent, font sauter les verrous et les sécurités partisanes pour que l’envers des mains — sur les rainures de nos phanères étourdies — exécute enfin son ballet confidentiel.

Nos imaginations bien que soutenant des envies disharmonieuses s’attachent toutefois à détourner l’antagonisme, mais les tentatives s’avéreront dérisoires. Nous campons une communion en accordéon de papier : on s’attire jusqu’à se plier et éteindre tous les sons, on se sépare à se déchirer et c’est alors qu’éclot la résonance.

Encore à la fin, il n’y a pas de mots, il y a sa figure hâve ensommeillée qui me congédie, ma progression licencieuse dans ce couloir immaculé comme au milieu du frimas, ma poignée de main loyale à la main courante en acier dont la fraîcheur me débarrassera totalement de ce qu’il subsiste d’envoûtement.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 14 Janvier 2013

Sous-la-pluie

 

« La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire. »

— Marcel Proust, les plaisirs et les jours.

 

On dit qu’au coin d’une rue tout peut arriver.

J’ai choisi le café de ce coin de rue, j’ai choisi ce coin d’existence pour un énième rendez-vous avec moi-même.

Je m’étais posée sur une table tout à fait au fond, contre le mur, je dominais la vue sur la rue, grâce à la large vitre en façade. Une fois installée, j’ai commandé un capucino, j’ai ouvert mon agenda à la page du treize février, et j’ai écrit.

Quelques fois, je renvoie les peurs de mon histoire, je reprends le dessus sur le récit. C’est comme si j’étais sur les pages de la maturité, j’avance droit devant. Plus rien ne me dérange. J’ai fait le vide. Balayé les obstacles.

Quelqu’un s’est approché, je le voyais venir pendant que j’écrivais, grand, élégant.

 « Bonjour mademoiselle.

— Bonjour.

— Puis-je m’assoir ?

— Non. J’ai envie d’être seule.

— Je vous observe depuis un moment, vous aviez la tête légèrement rejetée en arrière, les yeux agglutinés à la vitre…

Il avait commencé à pleuvoir, et je commençais à ressentir une indomptable attraction envers le spectacle de la pluie s’abattant sur le trottoir du Brussels.

— On aurait dit que vous admiriez un coucher de soleil, votre splendide quiétude m’a interpellé.

— Merci, c’est vrai, l’eau me fait cet effet-là, l’eau me fait penser immanquablement à ces hommes et femmes qui regardent la mer et rêvent de partir. Et lorsque je m’attarde sur la pluie, je pars aussi en rêve.

— Je vous en prie, accordez-moi la chance de savoir à quel point vous vous rapprochez de ce que j’ai imaginé.

— Je suis vraiment navrée, mais je dois m’en aller. »

Alors que je faisais mine de me lever, j’ai senti que ma chaise était bloquée, j’essayais encore de la reculer pour me dégager de la table, mais en vain. Lorsque j’ai lancé un regard en dessous afin de résoudre l’intrigue, j’ai constaté qu’il avait habilement enroulé sa cheville autour du pied droit de ma chaise. J’ai eu envie de crier et de frapper des paumes sur la petite table ronde. Mais finalement je n’ai rien fait, je me suis adossée à ma chaise, le visage parfaitement orienté face au sien. Et j’ai gardé le silence.

— De toutes les filles aux jupes à fleurs que j’ai croisées dans ma vie, aucune n’avait ce visage, à la fois triste et lumineux.

J’ai souri, d’un très léger sourire, presque imperceptible. Je crois qu’il l’a quand même remarqué, parce que je l’ai senti déplacer son pied.

— Je ne suis pas triste, seulement déçue de ne pas avoir trouvé d’oranges au marché. C’est mon fruit préféré, voyez-vous…

— Oui, je vois à quel point les oranges influent sur votre mine !

— Oui, quelle extase d’avaler le jus sucré d’une orange mûre. C’est comme si vous absorbiez un peu de la puissance du soleil.

Il fit une grimace d’insatisfaction. Je le trouvai susceptible, il me faisait de plus en plus rire. Je crois que mon rire l’a froissé.

« Pourquoi vous moquez-vous de moi ? Je sais, en apparence, vous affichez un air sérieux et détaché, vous étiez triste, mais maintenant vous riez très fort, maintenant que je suis là pour vous distraire de votre peine.

— Je vois que vous ne faites jamais dans la demi-mesure.

— C’est parce que vous m’inspirez. J’ai envie lire ce que vous écriviez. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Je n’ai pas l’habitude d’accoster les jeunes demoiselles. Seulement, vous me captivez.

— Moi non plus, je n’en sais rien. Je vous ai quand même écouté. Pourtant je n’ai pas l’habitude de me laisser embobiner par des inconnus.

Seulement, vous avez éveillé ma curiosité. »

C’est là qu’il a glissé sa main vers mon agenda bleu, je l’avais refermé dès qu’il s’était assis. Il a ouvert à une date, au hasard, et il a lu.

‘’Ce sont les mêmes mots que ceux de mes aïeules, des mots enterrés vivants. Comme l’ont enterrait des nouveau-nés de sexe féminin dans le passé. Les femmes ont hérité de l’étouffement, de l’amour des petits espaces, de la peur. Ce sont les mots de mes aïeules qui s’écoulent en moi.

Le silence a saigné nos lèvres, elles saigneront toujours, et nous continuerons à boire cette infusion de rouille.

C’est une trace commune à toutes les femmes, morsure mal localisée qui ne guérit pas, qui enfle avec le temps.

Les années n’arrangent rien. Il y a une sorte d’infusion de la douleur en nous, une casserole géante grumeleuse d’où rien ne s’évapore, où tout s’épaissit.’’

Il a tourné la page.

‘’Je rêve d’être entourée d’arbres, je rêve des esprits de la forêt. Je rêve d’un lac majestueux, grande étendue plate d’un vert limpide à la surface de laquelle des poisons hybrides dessineraient des cercles concentriques.’’

« Arrêtez. Rendez-le-moi.

Vous avez raison, je suis triste. Regardez le ciel, voyez comme la pluie dissout la tempête. J’ai un torrent de larmes invisibles, en moi, ces larmes dissolvent mes mots. Ces larmes filtrent l’amertume, et laissent s’échapper le meilleur. Tout est dans ce livre bleu.

Quand je me mets à écrire, j’ai l’impression que ma main serre mon cœur très fort, jusqu’à ce que des boursouflures émergent entre mes doigts.

Mon cœur écume à loisir, puis il se vide sous la force de ma main préparée à en extraire le. »

Sur cette dernière phrase, je me levai et me tournai déjà vers la sortie.

Il s’interposa encore une fois. Puis-je avoir votre numéro ? Je n'en ai pas envie, lui ai-je soufflé très lentement.

Arrivée de l’autre côté de la vitre, j’ai lancé un ultime regard en sa direction, il était resté immobile, ébahi, me suivant des yeux.

De nouveau dans la clameur de la rue, j’ai un grand sourire avec un regard en coin comme un clin d’œil à celui que j’ai laissé derrière moi. Je vais vite, il est 16 h.

Cachée sous mon parapluie, je rejoins l’avenue Victor Hugo. J’entre dans ma librairie favorite, sans requête précise aujourd’hui. J’essuie la poussière, lis la quatrième de couverture, un peu du début, un peu au milieu au hasard, parfois la fin. Je lève de temps en temps la tête espérant revoir la femme au chapeau se balader entre les rayons. Je me suis promis de lui parler cette fois-ci.

Encore fallait-il qu’elle arrive. Il me faut amorcer un nouveau départ. Mon existence actuelle connait un vide, de ces vides ressentis après les périodes trop riches au cours desquelles les évènements s’enchevêtrent sans laisser d’espace pour la médiation.

Rien à l’horizon.

Au sortir de la boutique, la pluie avait cessé, je retrouvais une rue grouillante qui ne m’inspirait rien d’autre que du dégoût, je voulais échapper au plus vite à ce défilé grotesque, monter au pas de course les quatre-vingt-seize marches de mon immeuble, violenter la serrure de mes dix-huit mètres carrés, faire gagner à mon totem deux décimètres en y déposant les livres du jour et enfin m’écrouler sur le lit adoptant la forme d’un x. Mais elle était inopinément apparue. Au moment où j’avais cessé d’y croire, elle entra en scène, c’était bien elle. Elle marchait devant moi, avec son chapeau mauve. Son corps affable baignait dans une marée humaine, bruyante, agaçante, chargée de délires, d’angoisses, de rires artificiels, de vêtements sans âme, de projets sens dessus dessous, de pensées érotiques, de plans de séduction, de plans d’invasion minutés.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 8 Janvier 2013

cameron-cold-floor.1223843898.jpg

 

Il faut qu’on se revoie, même si on ne sait pas où on va, tu dis. Pas grave, on s’achètera de la barbe à papa aux couleurs bien criardes bleu turquoise pour toi et rose fuchsia pour moi et puis après on croisera le fer, on se battra au fleuret juste pour le plaisir de s’effleurer, et c’est alors que, peut-être, on échangera.

Des soupçons de baisers sucrés.


Non, mais avant dis-moi honey, qu’est-ce t’as ? J’sens que t’as l’âme qu’empiète trop sur la joie. ‘Semblerait qu’un mauvais vent peste contre tes tempes.

Allez, ferme la fenêtre, assieds-toi et regarde ; hier j’ai rêvé d’ça, on tapissait ton intérieur de papier kraft, j’sais pas pourquoi, l’air de vouloir y décrire du bonheur. J’ai caracolé sur le sol, l’air de dire : éprouvons la résistance de ta langueur face à mon bal de crinoline.


Résultats des courses :

5. doigts fébriles sur un thorax qui grelotte d’épuisement

4. ambitions pas consommables dans l’immédiat rejetées comme des perspectives insolites de part et d’autre de nos maxillaires, contre la muqueuse

3. indices au plafond, représentants dévoués de nos attirances clandestines

2. palliatifs à l’impudence déliquescente

1. soif opiniâtre devant le parvis de la fontaine envisagée

0. regrets

 

Image : Cold floor, photographie – Catherine Cameron.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 5 Janvier 2013

Dormont, Jacques. Soupière, oeufs, roses-copie-1

 

Ce matin, je me recharge à l’énergie de tes dernières sentences. Chaque matin, l’ailleurs vanne et décharge des tas de nouvelles petites poussières blanches filamenteuses sur les remblais éclairés du jour.

Impavide, larguée sous les draps je contemple le ressac. J'rallume la flammèche sur le flanc d’une lumière crue ; la journée débute avec en fond sonore l’affliction de tes cris ultimes, tes plus jeunes discours en bulletins d’informations étalés sur tout un mur de coussins distordus.

Blanches taies d’oreillers. Peinture blanche et dessous engouffrés ces silences épais, empâtés, comme des aplats de plâtre froid. Que reste-il de nos ébats parmi tes pensées ? Ce que je vois : une survivance secrète, deux ou trois interrogations invincibles un peu réac ; est-ce que tu m’aimes ? qui sont tous ces autres ?

Un ensemble de cansons à peine croqués, si tu veux. Si tu vois.

Car, comme tu vois.

Je ne sais pas appartenir ; je ne sais pas. Crois-le ou ne le crois pas.

J’ai touché ta peau mordu dans la chair au cœur du merveilleux dans un lit d’inconvenances malgré les bruits de la rue t’as bu si voracement dans cette coupe à la candeur désargentée que tu butes maintenant grisé contre l’évidence — dessoûle bébé.

Je te dis je ne suis pas un exemple à suivre, juste une flaque existentielle sur laquelle on rebondit et qui éclabousse de sa folie émoussée. Tu ne réponds rien ; tu te contentes de me regarder comme un homme dont les désirs sabordent le navire.

 

Image : Peinture – Jacques Dormont.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 9 Décembre 2012

Hosna-Iranmanesh-photography---chaos.jpg

 

J’ai une prison-maison dont je perds souvent les clés au fond de mon sac gris, serti de hublots-miroirs en plexi.

J’ai une prison-maison aux vitres embuées.

Pleine de souvenirs-barreaux qui me raient la vue, m’empêchent de suivre jusqu’au bout des carreaux abasourdis le vol des oiseaux dehors.

Je suis scandaleusement désagrégée par la moindre respiration qui s’allie à la mienne, jouant les acrobates sur les tonnelles de l’ennui.

Le vide cerné, je m’expose à des présences alarmantes. Elles s’allument la nuit une à une. Elles allument la nuit une à une. Font scintiller mes allégories, chantonner mes toquades.

 

(À suivre.)

Image : Chaos, aucune retouche — Hosna Iranmanesh photography.

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0

Publié le 6 Décembre 2012

 

 


 

 

J’aime faire des ricochets sur les eaux troubles du sens.

J’aime percuter un tas d’envies par accident.

Je ne m’imagine pas dans une relation pondérée, atone où on se regarderait dans le blanc des yeux à chaque rencontre par-dessus un café/thé/pepsi/coca/orangina/fanta citron.

Aujourd’hui, je m’ennuie avec toi puisque nous n’étreignons plus le silence comme autrefois.

*

Le vent de décembre pioche avec dévotion dans nos sillons mémoriels ;

regarde au bord des quais comme les eaux se lovent en parchemins, en boyaux torrides, en fusées de détresse.

Regarde au bord des quais, la joliesse, la douceur et l’ampleur,

de cet amour qui s’effiloche ; mon amour.

  Quand bien même tu m’en voudrais de l’anathème,

regarde du bord des quais,

toutes les fantaisies que le vent sème.

Sois léger, vois comme

le vent de décembre caresse les embarcadères.

À quoi ça sert de braconner aux portes de l’hiver,

sans cesse des aubaines que l’on imagine délétères ?

Pour ces conneries de statistiques sous volières.

Pour des chiffres qui coagulent, se placent entre les lignes puis se figent. 

Voir les commentaires

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

Repost0