Publié le 26 Juillet 2012

 

 


 

 

Lui

Ven 18 Fév 2011 - 19:18
J'ai deux permanences. La colère et l'amour.
J'aime toujours et je suis amoureux plus souvent encore.


Elle

Ven 18 Fév 2011 - 19:44
Ah la colère, ce doit être étouffant si elle est constante.

Je ne suis que très peu de fois longtemps amoureuse.


Lui
Jeu 3 Mar 2011 - 22:28
J'étouffe.


Elle
Sam 12 Mar 2011 - 11:49
Je sombre.

Lui
Lun 14 Mar 2011 - 8:54
Je pense à ce pays que j'imagine les boucles de jais, rieuses, tomber comme les noyaux du bec d'un merle triste. Je pense à ce pays, qui se sépare de moi, qui se détache. Je vais vers la liberté, j'y marche, je m'y rends pressé. Ce pays ne peut pas. Ses muscles sont immobiles. Il ne sait plus. Plus rien. Que les cris des deuils, pays en colère. J'imagine le soleil lui passer entre ses boucles de figue. J'imagine des cousines aux yeux bleus. J'imagine des nausées dans les artères. Je sens. L'estuaire où les bouches des jeunes filles vomit la religion. Elle est verte. Elles disent, mes amoureuses inconnues, j'ai des cheveux de noyés qui me bouchent les poumons. J'ai des ombres qui passent devant les yeux, plein de hâte. Des ombres qui ne s'attachent à aucun corps. Elles disent « nous n'avons plus de place ici, pour faire de l'ombre il faut de la lumière et ce pays ne sait plus que la nuit triste, butée, la nuit éteinte ».
J'ai un air de fête que je me peins aux yeux. Il y a un visage qui se forme avec les matières sombres, avec les débris d'écorce, les flancs plein de toux, les yeux de la poussière.
Je pense à ce pays. Que j'aime. Je pense aux ruines du désert, j'entends les sabots des chameaux, je vois leurs bosses rouler, comme des seins maternels. Je vois passer dans mes yeux, des caravanes pleines d'images bleues, rouges, jaunes. Je vois des visages portés dans les traits des enfants, je les vois plein de vie. Comment, rendre à la peau la liberté ? Comment rendre aux lèvres le baiser qui les forma.
Comment ? Comment fais-tu toi, pour durer, là-bas, sous ce ciel brûlé par les reflets métalliques des pistolets anglais. Comment, fais-tu, sous la langue arabe qui courbe les palais, qui lui donne l'aspiration au vide. Tout dévale. Tout chute. Tout s'éteint. Et ce pays s'écrit avec des pointillés malades, avec des fronts plissés, c'est un pays de rides, de violences. C'est un pays d'où l'on voit encore les sutures.

Je t'embrasse.
Parce que c'est interdit.

 

Lui c’est Jonathan.

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Rédigé par L.

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Publié le 25 Juillet 2012

Rédigé par L.

Publié dans #Playperso

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Publié le 21 Juillet 2012

Embouteillages.jpg

 

 

Des heures en voiture à rouler dans l’Alger caniculaire. Vers l'ouest. Rouler dans cette ville magnétique ; ville ennemie, mais enjôleuse. Entourées de chantonnements de moteurs exaspérés sous leurs carrosseries flavescentes, elles dansent sur un tube rap de leurs années collège. Moiteur. Regards en biais. Tiédeur. Regards réfractés. On drague désormais comme on double à l'algérienne : à gauche et à droite. Histoire de décourager rapidement les assaillants, dévisager l'horizon et renauder en plein rétro. Au prochain embouteillage, se frayer un chemin pour rejoindre une nouvelle parcelle d'attente. Et sombrer lentement, doucement glisser sur un rivage de mélancolie avec pour seuls alliés le souffle laborieux du climatiseur et la clé qui diffuse en mode aléatoire un mélange de pop anglaise et de ballades orientales d’un lyrisme confondant.

 

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Rédigé par L.

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Publié le 15 Juillet 2012

Ibiza.jpg

 

Message écrit le 5 juillet 12 à 19h56 par : *******

 

Salut

 

J'ai vu que vous avez visité la page que j'ai construite pour ce site.
Je cherche à au moins échanger une fois sur ce site.
Je viens de Bruxelles avec une voiture, me suis installé
à Ibiza pour à la fois disfrutar de los dulcissime aspectos de la islas,
et travailler à mon "film 3d" la combinaison des deux volets me remplit de joie.

si vous vivez à Alger
nous sommes proches, à une distance d'environ 200-300 km

suis disposé à parler plus donc au cas où vous répondez

à bientôt

Math

 

Je n’ai pas souscrit d’abonnement et donc je ne suis pas en mesure de répondre aux messages que je reçois. Le vôtre m’a fait sourire comme seules les choses sincèrement inattendues savent le faire.

Ça doit changer l’esprit de vivre sur cette île dulcissime.

Oubliées les frontières. Oubliés les visas…

Oui ; pourquoi pas.

L.

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Rédigé par L.

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Publié le 14 Juillet 2012

Escalier-en-bois.jpg

 

  Un crayon bien taillé pique chroniquement le bras de la fille mal taillée. Mine de plomb. La mine de rien qui fait mal. Avisée, à fleur de lame aiguisée, elle se mine en haut pour oublier qu’un étage plus bas, ça bat de l’aile, ça jongle comme un pied, et quand ça s’écroule ça fait craquer l’escalier de la cave.


 Temple humide et noir, banni des papillons de nuit et des paroles indigentes indigestes. Au fond, en dessous, ça brille dans le noir, comme une grande. Le bonheur c’est d’y croire jusqu’au bout, ces talents fous qui éclatent en secret. Sur le fond sonore d’un destin en apoplexie, l’algique romance coule des jours tranquilles, en sourdine. Sérénité.


Je balance à la mer les désirs qui s’émaillent, j’ai un vertige en queue de poisson. Feinte.

 

Je voudrais être ton inconditionnelle mais je me conditionne à t’oublier. C’est du pareil au kif kif, je te gifle moi non plus. Va voir ailleurs si tu rêves de moi et si je n’ai pas froid dans tes bras. Crocs.

 

Tu sais, on peut être heureux chacun de son côté ou s’effeuiller à deux. A toi de voir, si tu préfères la grande nage en solitaire, ou bien tous les deux sur les quais de la galère. Douce mélopée.

 


2006.

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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Publié le 10 Juillet 2012

whitedress-httpguillaume.levot.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce jour est proche. Ils sont tous deux au bord du souvenir et désirent plus que tout avancer.

La mer lentement rétrécit. 


À portée de main se tient l’homme fascinant. Bientôt il sera près d’elle et désarmée elle devra lui raconter son histoire. Il viendra s’allonger sur son tapis et l’écoutera, patient. Elle fouillera alors dans sa mémoire, cassera tous les cadenas aux chambres interdites. Parce qu’il est l’élu, elle lui doit toutes les clés.

 


Elle. La vierge farouche, elle composera une oraison d’adieu en ce temple. Vœu d’abstinence mort à petit feu sous l’acharnement de ses mots, de leur musique rongeuse. 



Et la gorge déployée du passé, elle fouillera. Extirpant des démons séculaires, les tirant par le cou. 

 


Je pense que leur histoire a commencé par un jeu, je crois qu’ils se sont écrits pour se plaire, ils se sont aventurés très loin ; sont arrivés là où les chemins se croisent pour nous égarer. Mais ils ne sont pas perdus, ils sont deux.


Peu importe la profondeur du gouffre. Peu importe sa peur.

Il la subjugue. Elle s’abandonnera à lui ce soir.

 

 


Photographie : whitedress.

http://guillaume.levot.over-blog.com

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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Publié le 10 Juillet 2012

  « Je voudrais qu'il y ait de la lumière dans ma maison et que les jours ne soient plus gris et tristes comme des flaques d'encre sur un mur blanc, je voudrais que mes yeux aperçoivent un sourire sur le miroir tacheté et qu'il y ait des milliers d'espoirs éparpilles sur le chemin qui mène à la route, je voudrais qu'il y ait du café chaud et des tas de sourires à recevoir, je voudrais qu'un chat au regard de tendresse vienne se blottir sur mes genoux comme moi je ne pourrai jamais le faire, je voudrais qu'on me caresse l'épaule pour me signifier qu'il est l'heure de se lever et qu'on me dise quel jour on est, et pourquoi pas aujourd'hui et pourquoi pas demain. Je voudrais que les nuits soient comme des caresses et le sommeil comme une larme sur la joue d'un enfant, je voudrais m'endormir sur moi-même avec une petite lumière au creux de la main et puis me réveiller au milieu de la nuit pour la donner à mon cœur blotti au creux de mon corps. Je voudrais qu'il y ait des tas d'étoiles par terre et des bougies partout dans ma maison et puis...


Mais tous les jours, se réveiller le vide au creux du corps, et voir son visage morose dans le miroir et se répéter qu'il y en a encore un, encore un jour sans savoir où le bout du chemin, et tous les jours se haïr d'être là, tel que l'on est, amoureuse de toutes celles qu'on ne sera jamais... Et tous les jours espérer sans croire qu'une étincelle va jaillir sous vos pieds fatigués, et tous les jours espérer sans pouvoir devenir celle que l'on a imaginée... Et tous les jours voir ses mains répéter les mêmes gestes et sentir le même étau dans la poitrine, la peur, la peur de soi, qui s'étend, et se repût de vous... Et tous les jours se dire que le soir, on sera semblable à la veille, et tous les jours se dire que l'on attend le soir pour mourir un peu plus... »


Valérie Valère.

Extrait de « Véra ».

 

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Rédigé par L.

Publié dans #Des livres plein les mains

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Publié le 8 Juillet 2012

Statuette


Non, pas un super héros. Eux n’ont aucune marge de manœuvre. Ils sont engoncés derrière les barreaux de nos inconscients collectifs.


La vie c’est ce qu’on fait du bout des doigts. Ce qu’on dessine sur cet assaut de chaque seconde. Les secondes, comme des points à relier pour qu’une forme naisse. Pour confondre, berner, malmener, le cliquetis entêtant au poignet de Thanatos qui diffuse son empressement.


Petits, on joue avec tout et n’importe quoi. On invente. Un monde, des mondes, des mondes dans le monde. On est champion de la mise en abyme, sans le savoir — évidemment. Dans des bacs à sable, des vieux pots de fleurs désaffectés pleins de terre mais sans végétation, on observe les fourmis. On leur invente une ville, une vie, des occupations. On les suit, on les surveille et on se sent comme aux premières loges d’un spectacle vivant.


Je me souviens. C’était le règne de l’innocence contemplative.


Plus tard, on passe de l’autre côté de la focale. Et le reflet d’Éros croque nos corps en un castel de dommages sans alibis.


J’ai des amours en travers de la gorge, des piqûres de regrets, des entorses aux promesses, des déceptions congestionnées, des échardes aux yeux avides, des rancunes mal recousues, des allergies aux départs ; je porte les bleus d’une absence sans remparts.


C’est ainsi. Pourtant mes mots s’impriment en trouble plutôt qu’en défaite.

   

 

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 6 Juillet 2012

 

Au port

   

Mon amour je ne te laisse pas. Pardonne-moi d’être si loin de ta détresse.

Je voudrais être ta douce consolation et il y a des jours où je ne me sens plus à la hauteur. Tu sais, moi je n’ai jamais fugué en vrai, il ne me manquait ni l’envie ni le courage, j’étais trop lucide face aux problèmes. S’enfuir ne résoudrait rien. Ca compliquerait le présent. J’ai pris le parti de donner le change dans un mutisme douloureux. Je me suis bercée d’images et de futurs limpides où j’aurais retrouvé le contrôle sur mon histoire. 

Mon amour je t’aime, et je ne peux plus reculer puisque j’ai décidé de te le dire. Je t’ai choisi pour le tourment d’être deux dans la tourmente. Je veux ton sourire fragile et vibrant et ce regard en déviation. Celui qui évite au tendre malheureux de se consumer d’un seul coup devant un bonheur trop efficace. Réjouis-toi, je ne sais plus être ailleurs. Demain je reviens et tu pourras à nouveau fouiller ma tête, mes pages et mon corps. Je ne t’abandonnerai plus, je serai l’abandon entre tes mains.

Je te rapporterai les derniers embruns frétillant sur mon visage. Je te rapporterai l’odeur et la couleur de la mer. Tu auras de nouveau quinze ans lorsque nous passerons ensemble le pas de la porte les mains liées, le cœur ébloui. Mon amour je ne prie plus ces temps-ci et je pleure chaque soir de n’être pas à deux millimètres de ta peau. Embrasse-moi. Tu n’es plus seul.


Photographie tirée du clip « Au port » de Camille.

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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Publié le 3 Juillet 2012

Balcon-httpcharlotteabramow.blogspot.com-copie-1

 

 

Le jour.

Il y a des balcons. Cages dorées d’où un regard boomerang s’élance et revient avec comme une encoche à chaque rencontre. Blessé.

Le jour.
Il y a le charivari de la rue. Un cortège de silhouettes quelconques, inquiétantes.

Seule la nuit console.
Il y reste dans un coin quelqu’un qui ne dort pas encore.
Porte close, fenêtre entrouverte. Une petite musique diffuse en sourdine vers son oreille égarée.

Accoudée au bastingage avec entre les doigts son ticket pour l’ailleurs.

Seule la nuit console. Comme une rumeur et puis s’en va.

Face à l'aube. Elle déserte.
Recule devant la voix du muezzin qui s’élève, qui s’étend, qui s’étale.

Recale la bobine.

Moi. Elle. Nous. Elles.
Derrière les palissades de demain.

 

 

Photographie : © Charlotte Abramow.

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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