Publié le 6 Septembre 2012

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Je suis une poupée abîmée aux yeux de petite fille, à la voix de petite fille et aux rêves d’enfant gâtée. Je suis fatiguée. Ces derniers mois ont été des plus éprouvants et j’ai besoin de renouveau pour ne pas sombrer. J’ai peur de toi, peur de n’être à ta vie qu’un passe-temps, un ciment pour colmater les lézardes de tes murs : « un enduit sur la tristesse ».
Il fut un temps où je disais attendre celui qui avec sa langue me ferait un lavage de cerveau — de Fellag empruntée à Boudou —, mais je n’en suis plus là.
Aujourd’hui j’attends plutôt celui avec qui réaliser mes lubies. Celui avec qui créer.
Celui qui fera mes yeux briller de défis improbables.

 

18 août 2011, 19:58

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Publié le 2 Septembre 2012

je me souviens du chemin de nos deux voix de banlieue en banlieue en bord de saison  la nuit toi à ta fenêtre grande ouverte allongé sur le lit au centre de la chambre avec des livres tout autour sur les étagères moi assise à mon balcon avec devant les tuiles d’en face changées sous le feu des réverbères circulaires qui dans le néant du parking sont comme des lanternes attisant le génie d’une lande enchantée combien de diamètre à ce cordeau de nuit délicat de fils de ronces d’épines de roses qui nous cajole tendrement nous met en cage

 

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Publié le 5 Août 2012

y a des flocons de sucre qui tombent sur mon monde. Des boules de barbe à papa couleur aquarelles poudreuses ; Candyland. Des pommes d’amour craquantes. Rouge cerise sur tes doigts qui fument.

Puis des p’tits avions papier-meringue qui valsent dans la brume.

J’aurais voulu que tu existes pour de bon, pour de vrai. J’espérais pouvoir te parler aussi joliment toujours que dans les bribes de cet août évanoui.

Je voudrais au moins pouvoir faire maintenant des pauses patientes là où tes mains se seraient posées après nous. Il y a un an, le mois dernier, vingt-cinq jours, hier, au crépuscule, ce matin, à l’instant.

Tu vois, j’ai le cœur lourd. Il est bondé comme un hall d’agence aux portes de l’été.

Médusé par la foule de tes mots affranchis. Il y a un an, le mois dernier, vingt-cinq jours, hier, au crépuscule, ce matin, à l’instant.

Candyland.

 

 

 


 

 

 

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Publié le 26 Juillet 2012

 

 


 

 

Lui

Ven 18 Fév 2011 - 19:18
J'ai deux permanences. La colère et l'amour.
J'aime toujours et je suis amoureux plus souvent encore.


Elle

Ven 18 Fév 2011 - 19:44
Ah la colère, ce doit être étouffant si elle est constante.

Je ne suis que très peu de fois longtemps amoureuse.


Lui
Jeu 3 Mar 2011 - 22:28
J'étouffe.


Elle
Sam 12 Mar 2011 - 11:49
Je sombre.

Lui
Lun 14 Mar 2011 - 8:54
Je pense à ce pays que j'imagine les boucles de jais, rieuses, tomber comme les noyaux du bec d'un merle triste. Je pense à ce pays, qui se sépare de moi, qui se détache. Je vais vers la liberté, j'y marche, je m'y rends pressé. Ce pays ne peut pas. Ses muscles sont immobiles. Il ne sait plus. Plus rien. Que les cris des deuils, pays en colère. J'imagine le soleil lui passer entre ses boucles de figue. J'imagine des cousines aux yeux bleus. J'imagine des nausées dans les artères. Je sens. L'estuaire où les bouches des jeunes filles vomit la religion. Elle est verte. Elles disent, mes amoureuses inconnues, j'ai des cheveux de noyés qui me bouchent les poumons. J'ai des ombres qui passent devant les yeux, plein de hâte. Des ombres qui ne s'attachent à aucun corps. Elles disent « nous n'avons plus de place ici, pour faire de l'ombre il faut de la lumière et ce pays ne sait plus que la nuit triste, butée, la nuit éteinte ».
J'ai un air de fête que je me peins aux yeux. Il y a un visage qui se forme avec les matières sombres, avec les débris d'écorce, les flancs plein de toux, les yeux de la poussière.
Je pense à ce pays. Que j'aime. Je pense aux ruines du désert, j'entends les sabots des chameaux, je vois leurs bosses rouler, comme des seins maternels. Je vois passer dans mes yeux, des caravanes pleines d'images bleues, rouges, jaunes. Je vois des visages portés dans les traits des enfants, je les vois plein de vie. Comment, rendre à la peau la liberté ? Comment rendre aux lèvres le baiser qui les forma.
Comment ? Comment fais-tu toi, pour durer, là-bas, sous ce ciel brûlé par les reflets métalliques des pistolets anglais. Comment, fais-tu, sous la langue arabe qui courbe les palais, qui lui donne l'aspiration au vide. Tout dévale. Tout chute. Tout s'éteint. Et ce pays s'écrit avec des pointillés malades, avec des fronts plissés, c'est un pays de rides, de violences. C'est un pays d'où l'on voit encore les sutures.

Je t'embrasse.
Parce que c'est interdit.

 

Lui c’est Jonathan.

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Publié le 25 Juillet 2012

Rédigé par L.

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Publié le 21 Juillet 2012

Embouteillages.jpg

 

 

Des heures en voiture à rouler dans l’Alger caniculaire. Vers l'ouest. Rouler dans cette ville magnétique ; ville ennemie, mais enjôleuse. Entourées de chantonnements de moteurs exaspérés sous leurs carrosseries flavescentes, elles dansent sur un tube rap de leurs années collège. Moiteur. Regards en biais. Tiédeur. Regards réfractés. On drague désormais comme on double à l'algérienne : à gauche et à droite. Histoire de décourager rapidement les assaillants, dévisager l'horizon et renauder en plein rétro. Au prochain embouteillage, se frayer un chemin pour rejoindre une nouvelle parcelle d'attente. Et sombrer lentement, doucement glisser sur un rivage de mélancolie avec pour seuls alliés le souffle laborieux du climatiseur et la clé qui diffuse en mode aléatoire un mélange de pop anglaise et de ballades orientales d’un lyrisme confondant.

 

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Publié le 15 Juillet 2012

Ibiza.jpg

 

Message écrit le 5 juillet 12 à 19h56 par : *******

 

Salut

 

J'ai vu que vous avez visité la page que j'ai construite pour ce site.
Je cherche à au moins échanger une fois sur ce site.
Je viens de Bruxelles avec une voiture, me suis installé
à Ibiza pour à la fois disfrutar de los dulcissime aspectos de la islas,
et travailler à mon "film 3d" la combinaison des deux volets me remplit de joie.

si vous vivez à Alger
nous sommes proches, à une distance d'environ 200-300 km

suis disposé à parler plus donc au cas où vous répondez

à bientôt

Math

 

Je n’ai pas souscrit d’abonnement et donc je ne suis pas en mesure de répondre aux messages que je reçois. Le vôtre m’a fait sourire comme seules les choses sincèrement inattendues savent le faire.

Ça doit changer l’esprit de vivre sur cette île dulcissime.

Oubliées les frontières. Oubliés les visas…

Oui ; pourquoi pas.

L.

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Publié le 14 Juillet 2012

Escalier-en-bois.jpg

 

  Un crayon bien taillé pique chroniquement le bras de la fille mal taillée. Mine de plomb. La mine de rien qui fait mal. Avisée, à fleur de lame aiguisée, elle se mine en haut pour oublier qu’un étage plus bas, ça bat de l’aile, ça jongle comme un pied, et quand ça s’écroule ça fait craquer l’escalier de la cave.


 Temple humide et noir, banni des papillons de nuit et des paroles indigentes indigestes. Au fond, en dessous, ça brille dans le noir, comme une grande. Le bonheur c’est d’y croire jusqu’au bout, ces talents fous qui éclatent en secret. Sur le fond sonore d’un destin en apoplexie, l’algique romance coule des jours tranquilles, en sourdine. Sérénité.


Je balance à la mer les désirs qui s’émaillent, j’ai un vertige en queue de poisson. Feinte.

 

Je voudrais être ton inconditionnelle mais je me conditionne à t’oublier. C’est du pareil au kif kif, je te gifle moi non plus. Va voir ailleurs si tu rêves de moi et si je n’ai pas froid dans tes bras. Crocs.

 

Tu sais, on peut être heureux chacun de son côté ou s’effeuiller à deux. A toi de voir, si tu préfères la grande nage en solitaire, ou bien tous les deux sur les quais de la galère. Douce mélopée.

 


2006.

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Rédigé par L.

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Publié le 10 Juillet 2012

whitedress-httpguillaume.levot.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce jour est proche. Ils sont tous deux au bord du souvenir et désirent plus que tout avancer.

La mer lentement rétrécit. 


À portée de main se tient l’homme fascinant. Bientôt il sera près d’elle et désarmée elle devra lui raconter son histoire. Il viendra s’allonger sur son tapis et l’écoutera, patient. Elle fouillera alors dans sa mémoire, cassera tous les cadenas aux chambres interdites. Parce qu’il est l’élu, elle lui doit toutes les clés.

 


Elle. La vierge farouche, elle composera une oraison d’adieu en ce temple. Vœu d’abstinence mort à petit feu sous l’acharnement de ses mots, de leur musique rongeuse. 



Et la gorge déployée du passé, elle fouillera. Extirpant des démons séculaires, les tirant par le cou. 

 


Je pense que leur histoire a commencé par un jeu, je crois qu’ils se sont écrits pour se plaire, ils se sont aventurés très loin ; sont arrivés là où les chemins se croisent pour nous égarer. Mais ils ne sont pas perdus, ils sont deux.


Peu importe la profondeur du gouffre. Peu importe sa peur.

Il la subjugue. Elle s’abandonnera à lui ce soir.

 

 


Photographie : whitedress.

http://guillaume.levot.over-blog.com

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Publié le 10 Juillet 2012

  « Je voudrais qu'il y ait de la lumière dans ma maison et que les jours ne soient plus gris et tristes comme des flaques d'encre sur un mur blanc, je voudrais que mes yeux aperçoivent un sourire sur le miroir tacheté et qu'il y ait des milliers d'espoirs éparpilles sur le chemin qui mène à la route, je voudrais qu'il y ait du café chaud et des tas de sourires à recevoir, je voudrais qu'un chat au regard de tendresse vienne se blottir sur mes genoux comme moi je ne pourrai jamais le faire, je voudrais qu'on me caresse l'épaule pour me signifier qu'il est l'heure de se lever et qu'on me dise quel jour on est, et pourquoi pas aujourd'hui et pourquoi pas demain. Je voudrais que les nuits soient comme des caresses et le sommeil comme une larme sur la joue d'un enfant, je voudrais m'endormir sur moi-même avec une petite lumière au creux de la main et puis me réveiller au milieu de la nuit pour la donner à mon cœur blotti au creux de mon corps. Je voudrais qu'il y ait des tas d'étoiles par terre et des bougies partout dans ma maison et puis...


Mais tous les jours, se réveiller le vide au creux du corps, et voir son visage morose dans le miroir et se répéter qu'il y en a encore un, encore un jour sans savoir où le bout du chemin, et tous les jours se haïr d'être là, tel que l'on est, amoureuse de toutes celles qu'on ne sera jamais... Et tous les jours espérer sans croire qu'une étincelle va jaillir sous vos pieds fatigués, et tous les jours espérer sans pouvoir devenir celle que l'on a imaginée... Et tous les jours voir ses mains répéter les mêmes gestes et sentir le même étau dans la poitrine, la peur, la peur de soi, qui s'étend, et se repût de vous... Et tous les jours se dire que le soir, on sera semblable à la veille, et tous les jours se dire que l'on attend le soir pour mourir un peu plus... »


Valérie Valère.

Extrait de « Véra ».

 

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Rédigé par L.

Publié dans #Des livres plein les mains

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