desordre (piece)

Publié le 14 Janvier 2013

Déraisons légères

 

— Je l’aime un souffle sur deux, un jour sur deux.

— Et que fais-tu des seconds de chaque souffle et jour ?

— Ils se distillent en imprécations ; effets spéciaux sur un théâtre de charmes et de brumes.

— Les imprécations sont retournables. Fais-le t’aimer onze lunes sur douze et un soleil chaque matin.
… ainsi, seront imprécatoires une lune l’année et tous les cieux sans soleil.

— Imagine les jours où le soleil répand sur les cœurs la même désolation qu’un incendie souverain.
Comme quand on ajoute de l’eau à une vinaigrette pour qu’elle soit plus légère, dans mon coin, sur la nuit, je confectionne des miscellanées de rire et de mélancolie.

— Il suffit, peut-être, d’avoir l’émotion pyromane et de contourner les langues de fe spleenesques et par trop compliquées de ceux qui se cachent dans le jour comme dans la nuit.

 

Co-écrit avec http://filoselle.wordpress.com/

Image : Photographie par Nikolay Tikhomirov.

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Rédigé par L.

Publié dans #Désordre (pièce)

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Publié le 21 Décembre 2012

Voila-le-soleil-d-Alger---Tedj-DERAMCHI-copie-1.jpg

[On vous en dira plus dans les jours à venir, mais pour l’heure, sachez que c’est une histoire écrite à quatre mains à la suite d’un croisement « impactant » avec http://filoselle.wordpress.com/]

— C'est un ciel d'avril...

— Demain ce sera un ciel de mai, puis un soleil de juin puis une pluie de décembre. Et puis le ciel d'avril, encore une fois...

— Mademoiselle, vous avez de beaux yeux.
Ça change de tous ces regards pénombre qui s’donnent pas la peine de l’éclaircie même sous l’bleu fluo du dôme.
Alger brille toujours après la pluie.

— Vous trouverez ça drôle, mais j'ai toujours eu ces deux secondes de confusion avant de dire merci. Non que ça m'embarrasse, mais c'est comme si je m'attends à ce que ce qui est complimenté réponde par lui-même.
Mes yeux, en l'occurrence.

—... et merci !

— Ils ont répondu bien avant vous...
Mais je vous en prie.
Il y a trop de splendeurs affligées dessous des bouches circonspectes.

—... dessous les yeux qui ne brillent pas après les larmes, aussi.
Alger a changé. Quand on la quitte, elle nous arrache un pan de l'âme puis nous laisse partir. Quand on y revient, elle nous en arrache un autre.
Des tickets de cinéma qu'elle enfonce dans sa poche blanche avant de nous regarder jouer, ou pas, notre rôle...

— Combien d’échancrures ravageuses dessous ses ombrages effarouchés ?
Une ville-préambule où se tressent les brimbalements d’enfances déchaînées sur des comptines insouciantes.

— Beaucoup, j'imagine.
C'est une ville qui vous habite et toutes ses échancrures avec. Certains les soignent, d'autres remuent les doigts dans les plaies.
Et vous ?

— Moi, je ne sais pas.

      Elle est : peinturlurée de désirs, d’envies, de caprices, de soifs, confinés comme des confiseries dedans des paquets glacés. Naïade à demi nue abîmée sous un ciel cartonné. Débitée en banlieues béton zébrées de détresses en abribus, d’abribus en concerts de circonstances qui te roulent ; coule sur ses plates-bandes une consternation qui étincèle.

                                                   Elle est menaçante pas lassante.

 

Image : Photographie, Voilà le soleil d'Alger  Tedj Deramchi.

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Rédigé par L.

Publié dans #Désordre (pièce)

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