Publié le 21 Décembre 2012

Voila-le-soleil-d-Alger---Tedj-DERAMCHI-copie-1.jpg

[On vous en dira plus dans les jours à venir, mais pour l’heure, sachez que c’est une histoire écrite à quatre mains à la suite d’un croisement « impactant » avec http://filoselle.wordpress.com/]

— C'est un ciel d'avril...

— Demain ce sera un ciel de mai, puis un soleil de juin puis une pluie de décembre. Et puis le ciel d'avril, encore une fois...

— Mademoiselle, vous avez de beaux yeux.
Ça change de tous ces regards pénombre qui s’donnent pas la peine de l’éclaircie même sous l’bleu fluo du dôme.
Alger brille toujours après la pluie.

— Vous trouverez ça drôle, mais j'ai toujours eu ces deux secondes de confusion avant de dire merci. Non que ça m'embarrasse, mais c'est comme si je m'attends à ce que ce qui est complimenté réponde par lui-même.
Mes yeux, en l'occurrence.

—... et merci !

— Ils ont répondu bien avant vous...
Mais je vous en prie.
Il y a trop de splendeurs affligées dessous des bouches circonspectes.

—... dessous les yeux qui ne brillent pas après les larmes, aussi.
Alger a changé. Quand on la quitte, elle nous arrache un pan de l'âme puis nous laisse partir. Quand on y revient, elle nous en arrache un autre.
Des tickets de cinéma qu'elle enfonce dans sa poche blanche avant de nous regarder jouer, ou pas, notre rôle...

— Combien d’échancrures ravageuses dessous ses ombrages effarouchés ?
Une ville-préambule où se tressent les brimbalements d’enfances déchaînées sur des comptines insouciantes.

— Beaucoup, j'imagine.
C'est une ville qui vous habite et toutes ses échancrures avec. Certains les soignent, d'autres remuent les doigts dans les plaies.
Et vous ?

— Moi, je ne sais pas.

      Elle est : peinturlurée de désirs, d’envies, de caprices, de soifs, confinés comme des confiseries dedans des paquets glacés. Naïade à demi nue abîmée sous un ciel cartonné. Débitée en banlieues béton zébrées de détresses en abribus, d’abribus en concerts de circonstances qui te roulent ; coule sur ses plates-bandes une consternation qui étincèle.

                                                   Elle est menaçante pas lassante.

 

Image : Photographie, Voilà le soleil d'Alger  Tedj Deramchi.

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Rédigé par L.

Publié dans #Désordre (pièce)

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Publié le 9 Décembre 2012

Hosna-Iranmanesh-photography---chaos.jpg

 

J’ai une prison-maison dont je perds souvent les clés au fond de mon sac gris, serti de hublots-miroirs en plexi.

J’ai une prison-maison aux vitres embuées.

Pleine de souvenirs-barreaux qui me raient la vue, m’empêchent de suivre jusqu’au bout des carreaux abasourdis le vol des oiseaux dehors.

Je suis scandaleusement désagrégée par la moindre respiration qui s’allie à la mienne, jouant les acrobates sur les tonnelles de l’ennui.

Le vide cerné, je m’expose à des présences alarmantes. Elles s’allument la nuit une à une. Elles allument la nuit une à une. Font scintiller mes allégories, chantonner mes toquades.

 

(À suivre.)

Image : Chaos, aucune retouche — Hosna Iranmanesh photography.

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 6 Décembre 2012

 

 


 

 

J’aime faire des ricochets sur les eaux troubles du sens.

J’aime percuter un tas d’envies par accident.

Je ne m’imagine pas dans une relation pondérée, atone où on se regarderait dans le blanc des yeux à chaque rencontre par-dessus un café/thé/pepsi/coca/orangina/fanta citron.

Aujourd’hui, je m’ennuie avec toi puisque nous n’étreignons plus le silence comme autrefois.

*

Le vent de décembre pioche avec dévotion dans nos sillons mémoriels ;

regarde au bord des quais comme les eaux se lovent en parchemins, en boyaux torrides, en fusées de détresse.

Regarde au bord des quais, la joliesse, la douceur et l’ampleur,

de cet amour qui s’effiloche ; mon amour.

  Quand bien même tu m’en voudrais de l’anathème,

regarde du bord des quais,

toutes les fantaisies que le vent sème.

Sois léger, vois comme

le vent de décembre caresse les embarcadères.

À quoi ça sert de braconner aux portes de l’hiver,

sans cesse des aubaines que l’on imagine délétères ?

Pour ces conneries de statistiques sous volières.

Pour des chiffres qui coagulent, se placent entre les lignes puis se figent. 

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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