Publié le 1 Janvier 2013

Rusty-memories-Leslie-Ditto-copie-1.jpg

 

« Tu peux maintenant ouvrir ton cœur. C'est moi peut-être. Je ne suis pas perdue pour toi.

Silence, et puis.

Pour adoucir la vie ?

Personne ne le sait. Il faut essayer de vivre. Il ne faut pas se jeter dans la mort.

C'est tout.

C'est tout ce que j'ai à dire. »


C’est tout – Marguerite Duras.

 

Image : Peinture ; Rusty memories

– Leslie Ditto.

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Rédigé par L.

Publié dans #Journal

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Publié le 21 Décembre 2012

Voila-le-soleil-d-Alger---Tedj-DERAMCHI-copie-1.jpg

[On vous en dira plus dans les jours à venir, mais pour l’heure, sachez que c’est une histoire écrite à quatre mains à la suite d’un croisement « impactant » avec http://filoselle.wordpress.com/]

— C'est un ciel d'avril...

— Demain ce sera un ciel de mai, puis un soleil de juin puis une pluie de décembre. Et puis le ciel d'avril, encore une fois...

— Mademoiselle, vous avez de beaux yeux.
Ça change de tous ces regards pénombre qui s’donnent pas la peine de l’éclaircie même sous l’bleu fluo du dôme.
Alger brille toujours après la pluie.

— Vous trouverez ça drôle, mais j'ai toujours eu ces deux secondes de confusion avant de dire merci. Non que ça m'embarrasse, mais c'est comme si je m'attends à ce que ce qui est complimenté réponde par lui-même.
Mes yeux, en l'occurrence.

—... et merci !

— Ils ont répondu bien avant vous...
Mais je vous en prie.
Il y a trop de splendeurs affligées dessous des bouches circonspectes.

—... dessous les yeux qui ne brillent pas après les larmes, aussi.
Alger a changé. Quand on la quitte, elle nous arrache un pan de l'âme puis nous laisse partir. Quand on y revient, elle nous en arrache un autre.
Des tickets de cinéma qu'elle enfonce dans sa poche blanche avant de nous regarder jouer, ou pas, notre rôle...

— Combien d’échancrures ravageuses dessous ses ombrages effarouchés ?
Une ville-préambule où se tressent les brimbalements d’enfances déchaînées sur des comptines insouciantes.

— Beaucoup, j'imagine.
C'est une ville qui vous habite et toutes ses échancrures avec. Certains les soignent, d'autres remuent les doigts dans les plaies.
Et vous ?

— Moi, je ne sais pas.

      Elle est : peinturlurée de désirs, d’envies, de caprices, de soifs, confinés comme des confiseries dedans des paquets glacés. Naïade à demi nue abîmée sous un ciel cartonné. Débitée en banlieues béton zébrées de détresses en abribus, d’abribus en concerts de circonstances qui te roulent ; coule sur ses plates-bandes une consternation qui étincèle.

                                                   Elle est menaçante pas lassante.

 

Image : Photographie, Voilà le soleil d'Alger  Tedj Deramchi.

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Rédigé par L.

Publié dans #Désordre (pièce)

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Publié le 9 Décembre 2012

Hosna-Iranmanesh-photography---chaos.jpg

 

J’ai une prison-maison dont je perds souvent les clés au fond de mon sac gris, serti de hublots-miroirs en plexi.

J’ai une prison-maison aux vitres embuées.

Pleine de souvenirs-barreaux qui me raient la vue, m’empêchent de suivre jusqu’au bout des carreaux abasourdis le vol des oiseaux dehors.

Je suis scandaleusement désagrégée par la moindre respiration qui s’allie à la mienne, jouant les acrobates sur les tonnelles de l’ennui.

Le vide cerné, je m’expose à des présences alarmantes. Elles s’allument la nuit une à une. Elles allument la nuit une à une. Font scintiller mes allégories, chantonner mes toquades.

 

(À suivre.)

Image : Chaos, aucune retouche — Hosna Iranmanesh photography.

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 6 Décembre 2012

 

 


 

 

J’aime faire des ricochets sur les eaux troubles du sens.

J’aime percuter un tas d’envies par accident.

Je ne m’imagine pas dans une relation pondérée, atone où on se regarderait dans le blanc des yeux à chaque rencontre par-dessus un café/thé/pepsi/coca/orangina/fanta citron.

Aujourd’hui, je m’ennuie avec toi puisque nous n’étreignons plus le silence comme autrefois.

*

Le vent de décembre pioche avec dévotion dans nos sillons mémoriels ;

regarde au bord des quais comme les eaux se lovent en parchemins, en boyaux torrides, en fusées de détresse.

Regarde au bord des quais, la joliesse, la douceur et l’ampleur,

de cet amour qui s’effiloche ; mon amour.

  Quand bien même tu m’en voudrais de l’anathème,

regarde du bord des quais,

toutes les fantaisies que le vent sème.

Sois léger, vois comme

le vent de décembre caresse les embarcadères.

À quoi ça sert de braconner aux portes de l’hiver,

sans cesse des aubaines que l’on imagine délétères ?

Pour ces conneries de statistiques sous volières.

Pour des chiffres qui coagulent, se placent entre les lignes puis se figent. 

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 20 Novembre 2012

Trapeze.jpg

 

J. m’embrasse dans le cou sous le préau bleu, devant la porte de la classe, devant les autres.

Il glisse ses doigts dans mes cheveux. Il m’embrasse sur la joue puis luge jusqu’au creux de mon désert. Au bout de la descente, il mord un peu la poussière ; ma peau à l’allure de sable.

Pas tamisée ma peau, non plus ma pudeur.

Parfois, je le repousse, souvent je le laisse.

Y faire quelques châteaux humides.

Je ne sais pas très bien si c’est pour mon plaisir ou pour le sien. Un peu des deux, je pense. Lorsque je dis arrête, il insiste quand même, il continue comme si de rien. C’est alors que les autres sortent de l’ombre, ils appuient ma résistance, ne comprennent plus qu’il frôle encore mon visage.

*

Je suis en retard, la cloche a sonné depuis cinq ou dix minutes. Ça ne me ressemble pas, je crois que c’est la première fois d’ailleurs. Nous étions aux toilettes, devant l’miroir au-dessus du lavabo ; j’ai voulu qu’elle me coiffe à sa manière, j’ai voulu une métamorphose. J’ai mouillé mes cheveux, elle les a démêlés puis rassemblés en arrière en tirant fort. Elle a ensuite appliqué sa marque fétiche de gel coiffant. Plus aucune mèche derrière laquelle enfouir son regard. Plus de barrières, plus de frontières, plus d’œillères. J’ai l’horizon vacant et un futur d’ambiance sculpté par les coulures d’une lumière basse. L’automne en déclinaison.

Mes boucles sont charbonneuses tandis qu’elle est soleil, fraîcheur aux vrilles blondes domptées par un slogan qui tient ses promesses : fixation longue tenue.

En ouvrant la porte, on assure qu'on est désolées et ça passe mieux parce que je fais partie du cortège. De toute manière, on n’a rien raté. Ils ont juste eu le temps de : jeter les chewing-gums, essuyer le tableau, sortir les livres, trousses, cahiers, lunettes. J’ai ouvert le livre d’anglais à la bonne page grâce à la feuille de brouillon qui y somnolait, l’ai révisée furtivement… Comme personne d’autre n’avait l’air emballé, j’ai dit oui pour la lecture, s’ensuivirent les réponses à ces questions relatives au texte... Ainsi, le brouillon fut acclamé, le retard oublié et ma petite dose de culpabilité remise au placard pour une autre occasion.

 

Image : Photographie d’un essai au trapèze volant - frenchgirlinlondon.com.

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Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Publié le 19 Novembre 2012

Rédigé par L.

Publié dans #Playperso

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Publié le 9 Novembre 2012

 
 

Bernard-Plossu---2-copie-1.jpg

 12/04/11

Dans le ventre, tu as le sang de ton pays, et dans ton désir tu as encore la pourpre qui gêne. Je pense aux mille Julia, Soemia, Moesa, Domnia, et celles dont le nom n'est pas sorti du prénom, est resté dans la grande ombre du prénom. Je pense à leurs amants aux cuisses mutilées. Le sacrifice au plaisir présent, c'est le plaisir à venir, c'est le don de tous ces sexes qui fondaient dans la Rome décadente de l'après-christianisme. Tous les jours, dans les rues, le vin se mélangeait aux crimes de la veille, les animait, les nourrissait, et l'on ne distinguait plus dans son verre le vin du sang, et il arrivait qu'une aorte se vide dans la gorge d'un corbeau titubant. Je suis un caprice, un délire, et un scandale. Tout ce qui est le genre de la mesure ne permet pas de me contenter, de me contenir, de me résorber dans le séisme de ses signes, de ses symboles et de ses croix dont elles font un chemin. Sous tes pas fragiles, sous le poids d'un hymen qui voile encore les cheveux et la harpe de la joie qui se tient dans le prurit abdominal. Du ventre démangé sous les morsures invisibles des poux du temps qui attend. Les cuisses des filles sont fragiles, elles tracent parfois jusque vingt ans des signes innocents dans le quartz et la poussière, et dans ces marques dans le sable c'est le visage de Dieu qui apparaît. Le visage de Dieu qui se révèle sous le martèlement des vitesses, sous le rythme du corps sélénite qui réfléchit la lueur des matières. Dieu, sous ton geste vierge, sous ta robe vestale, dans ta nudité inaltérée de mains, de vices, de crimes, où dessous des intentions se sont faites des nuits, des tombes et des aîtres, où tu boites parfois dans la peur des mains calleuses.

Jonathan

 

 

 

 

13/04/11

 

À une poignée d’homme j’ai offert mon cœur. Mon corps c’est une autre histoire ; je suis bizarre, pour faire mon cœur s’exiler, il me faut l’ivresse des images, ils étaient poète, photographe, réalisateur.
Pour délivrer mon corps, il faut que leur âme m’atteigne plus en profondeur. Pas d’amour en mon ventre sans que je ne sois engloutie sous cette force nitestcente. Ici, une fille a dit un jour à un ami : je m’aime à trois heures du matin. J’explore aussi mon corps, j’en écoute les failles et en reconnaît les éclosions. Le plaisir danse sous mes draps nébuleux, et je suis libre. Et je suis seule heureuse.
Cependant, par moments il est vrai que je manque d’une bouche. Il est des soirs où, comme la rosée, je rêve de baisers crépusculaires, de baisers lunaires, de pénétrer et de quitter des ambiances contrastées les lèvres toujours cousues, noir sur gris, au même sourire… envahissant.

Il y a quelques mois, j’ai commencé à aimer quelqu’un et puis finalement j’ai abandonné. On écrivait une histoire ensemble, par fragments, comme des confettis jetés de part et d'autre de la
Méditerranée.

L.

 

Image : Photographie – Bernard Plossu.

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Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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Publié le 21 Octobre 2012

Ne pas attendre,

que le gars du parking fasse le guide et réclame une pièce

que le panaché fonde

blanc violet pistache mangue

que les cacahuètes concassées s’effondrent

en avalanche sur mes hanches

de démarrer pour lever les yeux au ciel

et se rendre compte du nom fantastique

que porte — comme un clin d’œil inespéré — l’endroit

LIBERTÉ

 

 

 

Attendre,

que chaque rencontre se grave en spirale sur un plateau vinyle courtiser l’inconnu

collectionner les combinaisons comme des microsillons électrophoniques

toute entrevue en prise de son improvisée

trente-trois quarante-cinq tours

et puis s’envole

.

 


 

 

 

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Rédigé par L.

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Publié le 10 Octobre 2012

Branche_d-amandier_en_fleur.jpg

Nous avons de quoi s’éblouir quelques jours encore mille et une nuits entre nos mains résignées, puisque tu crois en la magie des palabres d’après minuit et moi plus du tout aux serments dispensés sur les après-après-demain.

On peut s’endormir avec trois fois rien sur le dos.

Un ou deux mots au coin des lèvres ; de toute manière, y’a pas plus savoureux pour habiller l’automne qu’un sourire à la bouche.

Je roule à contresens.

Je roule des joints, encercle des coins d’absence, admoneste des chapitres en instance ; doucement, lentement, je rejoins les territoires implacables de l’enfance.

Je ne veux pas te plaire.

Je veux tergiverser sur l’innocuité du désir.

(t’embrasser, t’embraser.)

Je veux des cours particuliers de langues étrangères.

Je veux pénétrer la fraîcheur des Flandres.

Je veux comme un amandier fleurir à la fin de l’hiver.

Je veux qu’on se confie nos alcools puis nos cendres.

. une franche aurore .

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Rédigé par L.

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Publié le 4 Octobre 2012

Vue-du-Port-d-Alger.-Carte-postale--Lucien-Levy--coloree-.jpg

 

L'amour c'est comme les bateaux

Vu d'un peu loin c'est toujours beau

Ça prend des airs calmes et tranquilles

Pour vous faire croire qu'il y a des îles

Et que la mer est toujours d'huile

Les bateaux c'est comme les sirènes

Ça ment mais on y croit quand même

Et l'amour c'est comme les bateaux

Pour quelques larmes, pour quelques lames

Pour un orage de trop

Oui ça chavire et ça rend l'âme

L'amour comme les bateaux

 

L'amour c'est comme les bateaux

On s'embarque toujours trop tôt

À peine a-t-on quitté le bord

Que ça va de tri en bâbord

Même les rats quittent le bord

Ça ne résiste pas longtemps

Aux coups de chien au mauvais temps

L'amour c'est comme les bateaux

 

Pour quelques larmes et quelques lames

Pour un orage de trop

Oui ça chavire oui ça rend l'âme

L'amour comme les bateaux

Et que la mer est toujours d'huile

Les bateaux c'est comme les sirènes

Ça ment mais on y croit quand même

L'amour c'est comme les bateaux

 

Paroles et Musique: G.Thibault,

A.Popp 1976 © 1976 — Disque RCA (interprétée par Sylvie Vartan.)

Image : Vue du port d’Alger, carte postale (Lucien Lévy) colorée main,

début des années 1920.

 

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Rédigé par L.

Publié dans #Journal

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