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Publié le 29 Septembre 2012

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« […] Votre écriture est très belle, vos textes je les lis souvent à voix haute pour me rendre compte de tout ce que vous y mettez.

 […] je me dis que tout travail remarquable finit par se voir, et que tout est une histoire de hasard, j’espère que des gens bien iront lire vos textes. […]  » N.

 

J'ai repensé souvent à vos mots.

Ça me touche énormément de savoir que quelqu'un quelque part, en plein jour ou au milieu de la nuit, lit mes textes.

Surtout que.
Ce n'est pas pour moi que j'écris. J'écris pour faire vivre des émotions, ouvrir des fenêtres, offrir un peu de ce que j'ai reçu. Donner envie.

Merci pour vos vœux.

 

« Je suis un peu étonnée, je trouve ça rare qu’on n’écrive pas d’abord pour soi. Vous avez une belle manière de voir les choses. »

 

J’ai toujours écrit pour les autres, je crois que j’ai d’abord écrit pour mon père. J’ai écrit aussi parce que c’était ma manière de me sentir libre ‘’entre quatre murs’’, ma manière de laisser une trace de cette évasion passagère.

 

Après ça a changé. J’écris un peu ce que j’aurais aimé lire, c’est comme une bouteille à la mer ; pour qu’un jour peut-être, ces mots trouvent amarrage. Comblent un écartement, une brèche. Nourrissent un corps autre que le mien.

 

J’écris sur la petite musique des jours.

Y a des jours qui ressemblent à un morceau de pop lo-fi, avec bruits de casseroles traînées sur le sol, entrechoquement de synthés en  plastique pour mômes mélomanes… mugissements déclenchés au cœur de ces peluches remportées aux jeux de tir, à la foire.

 

(J’ai encore des choses à te raconter, mais là je suis déjà en retard.)

 

A tout bientôt.

 

Image : Photographie – Bernard Plossu.

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Rédigé par L.

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Publié le 13 Septembre 2012

ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie enveloppée par tant de douceur, tant de sagesse.

 

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« ... Au lieu d'une vision à l'exclusion des autres, j'eusse voulu dessiner les moments qui bout à bout font la vie, donner à voir la phrase intérieure, la phrase sans mot, corde qui indéfiniment se déroule sinueuse, et, dans l'intime, accompagne tout ce qui présente du dehors comme du dedans.

 Je voulais dessiner la conscience d'exister et l'écoulement du temps. Comme on se tâte le pouls. Ou encore, en plus restreint, ce qui apparaît lorsque, le soir venu, repasse (en plus court et en sourdine) le film impressionné qui a subi le jour.

 Dessin cinématique.

 Je tenais au mien, certes. Mais combien j'aurais eu plaisir à un tracé fait par d'autres que moi, à le parcourir comme une merveilleuse ficelle à nœuds et à secrets, où j'aurais eu leur vie à lire et tenu en mains leur parcours.

 

 Mon film à moi n'était guère plus qu'une ligne ou deux ou trois, faisant par-ci par-là rencontre de quelques autres, faisant buisson ici, enlacement là, plus loin livrant bataille, se roulant en pelote ou – sentiments et monument mêlés naturellement – se dressant, fierté, orgueil, ou château ou tour... qu'on pouvait voir, qu'il me semblait qu'on aurait dû voir, mais qu'à vrai dire personne ne voyait. »

   

Henri MICHAUX – Passages, 1950.


Image : affiche de M.

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Rédigé par L.

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Publié le 11 Septembre 2012

 

Confidences.jpg

 

Les filles veulent tout ce que je touche. Les garçons me touchent puis disparaissent.

Sinon, le ciel est bleu et les oiseaux s’y chantent la sérénade.

(Majda)

 

On ne mélange pas travail et sentiments...

Je pense que les filles pauvres devraient quand même avoir le droit de rédiger des tests amant pour des magazines féminins à succès.

(Lisa)

 

Image : Couverture d’un magazine vintage – Confidences, 1949 avec Coleen Gray.

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Rédigé par L.

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Publié le 10 Septembre 2012

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Tu m’as demandé de dire la première connerie qui me passait pas la tête.

Je ne sais pas. Je ne pense à rien, rien ne me passe par la tête.

C’est parce que je suis sûre que tu cherches une connerie intelligente.

Peut-être.

Bon, voilà.

 Je voudrais avoir dix ans. Pour vivre les choses que je ne vis plus.

Rêver de devenir grande.

Avoir plein d’amoureux.

Dessiner tout le temps, partout.

*

Je crois que ça fait plus d’une semaine, je t’ai déjà dit que tu m’avais manqué et je ne pourrais rien y soustraire aujourd’hui. Je me remémore tes phrases, t’as dit ‘’une voix enfantine aux consonances tristes’’, ‘’tu as de beaux yeux’’. Tu as aussi dit quelque chose comme j’aimerais pouvoir te regarder sur le fil des silences.

Sans oublier le fait que tu m’as fait promettre de sourire plus de dix fois, sans aucun doute.

Mais depuis je n’ai aucune idée de là où t’es passé. Ni pourquoi c’est à ton tour d’avoir de la peine.

*

Une autre sottise qui me passe par la tête.

Je voudrais être sous un lampadaire qui donnerait sur la mer.

 

Image : Photographie Sandrine Coutat – Espagne.

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Rédigé par L.

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Publié le 6 Septembre 2012

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Je suis une poupée abîmée aux yeux de petite fille, à la voix de petite fille et aux rêves d’enfant gâtée. Je suis fatiguée. Ces derniers mois ont été des plus éprouvants et j’ai besoin de renouveau pour ne pas sombrer. J’ai peur de toi, peur de n’être à ta vie qu’un passe-temps, un ciment pour colmater les lézardes de tes murs : « un enduit sur la tristesse ».
Il fut un temps où je disais attendre celui qui avec sa langue me ferait un lavage de cerveau — de Fellag empruntée à Boudou —, mais je n’en suis plus là.
Aujourd’hui j’attends plutôt celui avec qui réaliser mes lubies. Celui avec qui créer.
Celui qui fera mes yeux briller de défis improbables.

 

18 août 2011, 19:58

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Rédigé par L.

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Publié le 5 Août 2012

y a des flocons de sucre qui tombent sur mon monde. Des boules de barbe à papa couleur aquarelles poudreuses ; Candyland. Des pommes d’amour craquantes. Rouge cerise sur tes doigts qui fument.

Puis des p’tits avions papier-meringue qui valsent dans la brume.

J’aurais voulu que tu existes pour de bon, pour de vrai. J’espérais pouvoir te parler aussi joliment toujours que dans les bribes de cet août évanoui.

Je voudrais au moins pouvoir faire maintenant des pauses patientes là où tes mains se seraient posées après nous. Il y a un an, le mois dernier, vingt-cinq jours, hier, au crépuscule, ce matin, à l’instant.

Tu vois, j’ai le cœur lourd. Il est bondé comme un hall d’agence aux portes de l’été.

Médusé par la foule de tes mots affranchis. Il y a un an, le mois dernier, vingt-cinq jours, hier, au crépuscule, ce matin, à l’instant.

Candyland.

 

 

 


 

 

 

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Publié le 26 Juillet 2012

 

 


 

 

Lui

Ven 18 Fév 2011 - 19:18
J'ai deux permanences. La colère et l'amour.
J'aime toujours et je suis amoureux plus souvent encore.


Elle

Ven 18 Fév 2011 - 19:44
Ah la colère, ce doit être étouffant si elle est constante.

Je ne suis que très peu de fois longtemps amoureuse.


Lui
Jeu 3 Mar 2011 - 22:28
J'étouffe.


Elle
Sam 12 Mar 2011 - 11:49
Je sombre.

Lui
Lun 14 Mar 2011 - 8:54
Je pense à ce pays que j'imagine les boucles de jais, rieuses, tomber comme les noyaux du bec d'un merle triste. Je pense à ce pays, qui se sépare de moi, qui se détache. Je vais vers la liberté, j'y marche, je m'y rends pressé. Ce pays ne peut pas. Ses muscles sont immobiles. Il ne sait plus. Plus rien. Que les cris des deuils, pays en colère. J'imagine le soleil lui passer entre ses boucles de figue. J'imagine des cousines aux yeux bleus. J'imagine des nausées dans les artères. Je sens. L'estuaire où les bouches des jeunes filles vomit la religion. Elle est verte. Elles disent, mes amoureuses inconnues, j'ai des cheveux de noyés qui me bouchent les poumons. J'ai des ombres qui passent devant les yeux, plein de hâte. Des ombres qui ne s'attachent à aucun corps. Elles disent « nous n'avons plus de place ici, pour faire de l'ombre il faut de la lumière et ce pays ne sait plus que la nuit triste, butée, la nuit éteinte ».
J'ai un air de fête que je me peins aux yeux. Il y a un visage qui se forme avec les matières sombres, avec les débris d'écorce, les flancs plein de toux, les yeux de la poussière.
Je pense à ce pays. Que j'aime. Je pense aux ruines du désert, j'entends les sabots des chameaux, je vois leurs bosses rouler, comme des seins maternels. Je vois passer dans mes yeux, des caravanes pleines d'images bleues, rouges, jaunes. Je vois des visages portés dans les traits des enfants, je les vois plein de vie. Comment, rendre à la peau la liberté ? Comment rendre aux lèvres le baiser qui les forma.
Comment ? Comment fais-tu toi, pour durer, là-bas, sous ce ciel brûlé par les reflets métalliques des pistolets anglais. Comment, fais-tu, sous la langue arabe qui courbe les palais, qui lui donne l'aspiration au vide. Tout dévale. Tout chute. Tout s'éteint. Et ce pays s'écrit avec des pointillés malades, avec des fronts plissés, c'est un pays de rides, de violences. C'est un pays d'où l'on voit encore les sutures.

Je t'embrasse.
Parce que c'est interdit.

 

Lui c’est Jonathan.

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Publié le 21 Juillet 2012

Embouteillages.jpg

 

 

Des heures en voiture à rouler dans l’Alger caniculaire. Vers l'ouest. Rouler dans cette ville magnétique ; ville ennemie, mais enjôleuse. Entourées de chantonnements de moteurs exaspérés sous leurs carrosseries flavescentes, elles dansent sur un tube rap de leurs années collège. Moiteur. Regards en biais. Tiédeur. Regards réfractés. On drague désormais comme on double à l'algérienne : à gauche et à droite. Histoire de décourager rapidement les assaillants, dévisager l'horizon et renauder en plein rétro. Au prochain embouteillage, se frayer un chemin pour rejoindre une nouvelle parcelle d'attente. Et sombrer lentement, doucement glisser sur un rivage de mélancolie avec pour seuls alliés le souffle laborieux du climatiseur et la clé qui diffuse en mode aléatoire un mélange de pop anglaise et de ballades orientales d’un lyrisme confondant.

 

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Publié le 15 Juillet 2012

Ibiza.jpg

 

Message écrit le 5 juillet 12 à 19h56 par : *******

 

Salut

 

J'ai vu que vous avez visité la page que j'ai construite pour ce site.
Je cherche à au moins échanger une fois sur ce site.
Je viens de Bruxelles avec une voiture, me suis installé
à Ibiza pour à la fois disfrutar de los dulcissime aspectos de la islas,
et travailler à mon "film 3d" la combinaison des deux volets me remplit de joie.

si vous vivez à Alger
nous sommes proches, à une distance d'environ 200-300 km

suis disposé à parler plus donc au cas où vous répondez

à bientôt

Math

 

Je n’ai pas souscrit d’abonnement et donc je ne suis pas en mesure de répondre aux messages que je reçois. Le vôtre m’a fait sourire comme seules les choses sincèrement inattendues savent le faire.

Ça doit changer l’esprit de vivre sur cette île dulcissime.

Oubliées les frontières. Oubliés les visas…

Oui ; pourquoi pas.

L.

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Publié le 26 Juin 2012

Prune-Periodebleue-Delphine-Cossais

 

Prune c’est un peu une rencontre miroir. Tout de suite j’ai vu danser au fond de ses yeux les lubies de Lisa. Et Lisa, Lisa c’est un peu moi.

Quand j’entends ses mots, j’ai l’impression qu’elle a offert une voix à mes pensées noctambules d’autrefois. Celles qui ne se montrent désormais plus. À force de fracas.

« Toutes les deux on pourra faire beaucoup de choses », très tôt, elle m’a dit ça. Le genre de phrases qui réveillent brusquement ou alors font croire que l’on rêve éveillé. J’aurais pu l’exprimer, à d’autres, en d’autres lieux, en d’autres temps. Je l’ai sûrement formulé silencieusement à maintes reprises et gardé pour moi. Ou pas. Qu’importe ? Ce qui est sûr, c’est qu’à force de se frotter à des personnages gris et blasés, la spontanéité s’écaille de nos murs par plaques clémentes. Parallèlement, nos rubans d’utopies polychromes se flétrissent. Ca nous fait glisser gentiment dans une déco ultrachic & dépitée.

Prune est différente. Elle donne envie de revisiter le double-fond de toutes les valises abandonnées. Prune est étincelante. Elle te tend une flamme qui ranime tes appétits. Prune est vivante. Elle sait le temps qui s’enfile à reculons sur l’autoroute de tes ardeurs. Prune a visé pile dans le rétro de mon bonheur.

 

« Ce que je ne veux pas c'est une vie ordinaire / Je veux que tout soit magique / L’art m'attire / Je suis amoureuse des esprits volatils / Des esprits sans cesse émerveillés / Des esprits toujours positifs / J’aime la sensorialité, la sensualité… » P.

 

 

 

Peinture : Delphine Cossais.

http://delphinecossais.typepad.fr/

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Rédigé par L.

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