Une semaine sur deux

Publié le 20 Février 2011

Il a voulu me retrouver sans attendre. Je crois lui avoir beaucoup manqué. J’étais surprise de le revoir débarquer sans prévenir. J’ai couru me cacher pour le torturer encore un peu. J’ai voulu tester son endurance dans la dernière ligne droite vers nos retrouvailles. Tiendra-t-il ?

C’est un homme de charmes et de chimères, un homme qu’on emporte avec soi. Un homme qui vous manque parce qu’il est introuvable en magasin et que chaque silhouette croisée par ailleurs vous le rappelle.

Je crois l’avoir fait souffrir par mon départ égoïste. Je ne sais plus si je suis prête à être à lui, dévouée. Il y a des jours où je suis un animal rétif et sans concessions possédé par une âme furieuse. Commandée par un besoin d’espace pour explorer sa folie. Il ne pourra pas me suivre partout. Je déplore que les « je t’aime » nous rendent sédentaires. Par peur de se perdre dans la foule de ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’on vit, on va plus très loin. On s’embrasse tous les matins, on s’ausculte les jours fériés et on fait l’amour pour meubler les heures d’une existence moribonde où il ne se passe jamais rien en dehors du cocon. Le lit de notre amour, grotesque monticule bordé de défaillances qui nous anesthésie. Ma vie ne s’arrêtera pas l’amour trouvé, qu’il me suive ou s’abstienne de me vouloir. Je ne suis pas ma mère. Encore moins ma grand-mère. Malgré tout ce qu’ils disent je dégrade la filiation. Je cuisine un jour sur deux. L’hiver, il enverra sûrement valser mes soupes froides, mais je pourrais le nourrir d’une avalanche de clafoutis aux pommes si le printemps tarde à venir. Vous croyez que ça ressemble à quoi l’amour en dehors des films ? C’est un  bavardage de grands qui ont la hantise de marcher sur le bord des trottoirs. Ils s’agrippent à une vie qu’ils trouvent trop magique pour la laisser filer par manque de précautions. Des écrans plasma leur gâchent le vis-à-vis et ils n’arrivent pas à voir que leurs désolants efforts sont des couperets déguisés en bannières glorieuses. Si les fils cèdent, ils se transformeront en copeaux asthéniques. Ils auront les enfants une semaine sur deux.

 

Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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V

Excellent,
...il y a un temps pour vivre et un temps pour témoigner de vivre, je ne sais plus sur quelle vague surfez-vous.


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L


Pour vous éclairer :


Je suis de ceux qui n'écrivent que s'ils se sentent vivre.


Merci de votre passage et à tout bientôt j'espère =)



A

J'avoue, je suis bluffée... Je reviendrai.


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L


Merci pour la visite et les impressions :)


A bientôt.



M

Sacré coup de plume! j'y reviendrai ...


A bientôt!


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L


Merci :)


A très bientôt.



D

Jeune couple ou vieux couple ?


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L


Dans quel sens ?