Les héros naissent pour errer — Majda.

Publié le 8 Juillet 2012

Statuette


Non, pas un super héros. Eux n’ont aucune marge de manœuvre. Ils sont engoncés derrière les barreaux de nos inconscients collectifs.


La vie c’est ce qu’on fait du bout des doigts. Ce qu’on dessine sur cet assaut de chaque seconde. Les secondes, comme des points à relier pour qu’une forme naisse. Pour confondre, berner, malmener, le cliquetis entêtant au poignet de Thanatos qui diffuse son empressement.


Petits, on joue avec tout et n’importe quoi. On invente. Un monde, des mondes, des mondes dans le monde. On est champion de la mise en abyme, sans le savoir — évidemment. Dans des bacs à sable, des vieux pots de fleurs désaffectés pleins de terre mais sans végétation, on observe les fourmis. On leur invente une ville, une vie, des occupations. On les suit, on les surveille et on se sent comme aux premières loges d’un spectacle vivant.


Je me souviens. C’était le règne de l’innocence contemplative.


Plus tard, on passe de l’autre côté de la focale. Et le reflet d’Éros croque nos corps en un castel de dommages sans alibis.


J’ai des amours en travers de la gorge, des piqûres de regrets, des entorses aux promesses, des déceptions congestionnées, des échardes aux yeux avides, des rancunes mal recousues, des allergies aux départs ; je porte les bleus d’une absence sans remparts.


C’est ainsi. Pourtant mes mots s’impriment en trouble plutôt qu’en défaite.

   

 

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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Sophie H. 10/07/2012 23:47

Je comprends, il n'y a pas de soucis. Pour moi c'est plutôt l'inverse, en ce moment j'ai beaucoup de temps donc j'en profite, et je prends plaisir à te lire. A très vite!

Sophie H. 09/07/2012 20:58

J'aime particulièrement l'avant dernier paragraphe, tu as vraiment ce don pour choisir les mots, pour créer des associations pertinentes.

L. 10/07/2012 10:21



Merci beaucoup Sophie.


Crois-moi, je ne t'oublie pas. J'ai juste pas beaucoup le temps pour moi ces temps-ci. A peine celui d'écrire un peu.


Ton regard m'est précieux. J'aime aussi tes sublimes prunelles océanes. Me perdre dans ta musique et tes délires.


A tout bientôt.