Les bras de l’absence

Publié le 6 Juillet 2012

 

Au port

   

Mon amour je ne te laisse pas. Pardonne-moi d’être si loin de ta détresse.

Je voudrais être ta douce consolation et il y a des jours où je ne me sens plus à la hauteur. Tu sais, moi je n’ai jamais fugué en vrai, il ne me manquait ni l’envie ni le courage, j’étais trop lucide face aux problèmes. S’enfuir ne résoudrait rien. Ca compliquerait le présent. J’ai pris le parti de donner le change dans un mutisme douloureux. Je me suis bercée d’images et de futurs limpides où j’aurais retrouvé le contrôle sur mon histoire. 

Mon amour je t’aime, et je ne peux plus reculer puisque j’ai décidé de te le dire. Je t’ai choisi pour le tourment d’être deux dans la tourmente. Je veux ton sourire fragile et vibrant et ce regard en déviation. Celui qui évite au tendre malheureux de se consumer d’un seul coup devant un bonheur trop efficace. Réjouis-toi, je ne sais plus être ailleurs. Demain je reviens et tu pourras à nouveau fouiller ma tête, mes pages et mon corps. Je ne t’abandonnerai plus, je serai l’abandon entre tes mains.

Je te rapporterai les derniers embruns frétillant sur mon visage. Je te rapporterai l’odeur et la couleur de la mer. Tu auras de nouveau quinze ans lorsque nous passerons ensemble le pas de la porte les mains liées, le cœur ébloui. Mon amour je ne prie plus ces temps-ci et je pleure chaque soir de n’être pas à deux millimètres de ta peau. Embrasse-moi. Tu n’es plus seul.


Photographie tirée du clip « Au port » de Camille.

Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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