Le goût du citron glacé -1-

Publié le 22 Mai 2011

C’est peut-être grâce à lui que je m’y remets.

J’avais envie de faire des sorbets et le ciel est devenu gris, d’un gris mousseux, nébuleux, spongieux.

De gros volumes de fumée se sont faufilés par les petits trous de la mousse, ça a fait comme un brouillard. De mon balcon, derrière les roses, je ne distingue désormais que des silhouettes troubles et ce n’est pas plus mal.

Les tragédies me rendent austère. Les grands petits drames de la vie me font moins aimer le monde. Les gens. Pas d’énergie pour gérer une nouvelle saison d’apparitions, pas le moral à sourire à de frais intervenants.

Je suis f-o-r-m-a-t-é-e.

J’ai perdu toutes mes sauvegardes, je ne sais pas par où recommencer.

Si seulement je pouvais prendre le wagonnet noir, baratiner ses deux stupides roues blanches, tirer sur les rails sombres, chercher l’erreur, viser le mauvais tronçon, couper, couper, recoller. Comme si les évènements avaient roulé sur bande VHS.

J’ai eu trois mois pour faire le vide et au lieu de ça je suis pleine de doutes et d’amertumes. Je dors mal, je malmène mon corps, je dors en diagonale, je m’abreuve de mélancolie, j’ai les dents qui grincent face au constat. Je me sens comme empêchée de vivre, vissée là, au centre de la jeunesse et sans vis-à-vis.

Et pour ne pas arranger les choses, j’égratigne les heures sur les bords de pages de livres tristes, aux couvertures nouvelle vague dont les personnages regardent Hercule Poirot sous la pluie. Comme moi.

Rédigé par L.

Publié dans #Journal

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P

Bonsoir,

Enfin un coup de plume tant attendu.
Fidèle à ton style et à ta façon de manier et d'apprivoiser affectueusement les mots.

J'attend impatiemment de lire les prochaines oeuvres et la suite de celle ci.

Je suis très ravi de te lire.

A bientôt.

Fidel lecteur.

Patchi.


Répondre
D

Je ressens un peu le même sentiment et... j'avais oublié comme tu écrivais bien :-) tu n'as pas perdu ça !
Bonne soirée à toi !
Bises


Répondre
S

Sont des vides qui a jamais seront pleins, quel que soit le lieu, l'espace et le temps. Mais quand on écoute parfois ceux qui racontent ce qui les comblent, on réalise ô combien certains "plein"
sont emplis d'un vide défiant l'imagination.
Ce ne sera jamais ton cas.

Il faut conserver ses doutes. Et chercher, toujours.

Content de te relire.


Répondre
L


Merci beaucoup.


Tant qu'il y aura des lectures, tant qu'il y aura des lecteurs, je serai comblée d'un certain point de vue, quoi qu'il arrive par ailleurs.