Fleur de scandale — Lisa.

Publié le 5 Janvier 2013

Dormont, Jacques. Soupière, oeufs, roses-copie-1

 

Ce matin, je me recharge à l’énergie de tes dernières sentences. Chaque matin, l’ailleurs vanne et décharge des tas de nouvelles petites poussières blanches filamenteuses sur les remblais éclairés du jour.

Impavide, larguée sous les draps je contemple le ressac. J'rallume la flammèche sur le flanc d’une lumière crue ; la journée débute avec en fond sonore l’affliction de tes cris ultimes, tes plus jeunes discours en bulletins d’informations étalés sur tout un mur de coussins distordus.

Blanches taies d’oreillers. Peinture blanche et dessous engouffrés ces silences épais, empâtés, comme des aplats de plâtre froid. Que reste-il de nos ébats parmi tes pensées ? Ce que je vois : une survivance secrète, deux ou trois interrogations invincibles un peu réac ; est-ce que tu m’aimes ? qui sont tous ces autres ?

Un ensemble de cansons à peine croqués, si tu veux. Si tu vois.

Car, comme tu vois.

Je ne sais pas appartenir ; je ne sais pas. Crois-le ou ne le crois pas.

J’ai touché ta peau mordu dans la chair au cœur du merveilleux dans un lit d’inconvenances malgré les bruits de la rue t’as bu si voracement dans cette coupe à la candeur désargentée que tu butes maintenant grisé contre l’évidence — dessoûle bébé.

Je te dis je ne suis pas un exemple à suivre, juste une flaque existentielle sur laquelle on rebondit et qui éclabousse de sa folie émoussée. Tu ne réponds rien ; tu te contentes de me regarder comme un homme dont les désirs sabordent le navire.

 

Image : Peinture – Jacques Dormont.

Rédigé par L.

Publié dans #Récit (1)

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