Comme des confettis jetés de part et d'autre de la mer

Publié le 9 Novembre 2012

 
 

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 12/04/11

Dans le ventre, tu as le sang de ton pays, et dans ton désir tu as encore la pourpre qui gêne. Je pense aux mille Julia, Soemia, Moesa, Domnia, et celles dont le nom n'est pas sorti du prénom, est resté dans la grande ombre du prénom. Je pense à leurs amants aux cuisses mutilées. Le sacrifice au plaisir présent, c'est le plaisir à venir, c'est le don de tous ces sexes qui fondaient dans la Rome décadente de l'après-christianisme. Tous les jours, dans les rues, le vin se mélangeait aux crimes de la veille, les animait, les nourrissait, et l'on ne distinguait plus dans son verre le vin du sang, et il arrivait qu'une aorte se vide dans la gorge d'un corbeau titubant. Je suis un caprice, un délire, et un scandale. Tout ce qui est le genre de la mesure ne permet pas de me contenter, de me contenir, de me résorber dans le séisme de ses signes, de ses symboles et de ses croix dont elles font un chemin. Sous tes pas fragiles, sous le poids d'un hymen qui voile encore les cheveux et la harpe de la joie qui se tient dans le prurit abdominal. Du ventre démangé sous les morsures invisibles des poux du temps qui attend. Les cuisses des filles sont fragiles, elles tracent parfois jusque vingt ans des signes innocents dans le quartz et la poussière, et dans ces marques dans le sable c'est le visage de Dieu qui apparaît. Le visage de Dieu qui se révèle sous le martèlement des vitesses, sous le rythme du corps sélénite qui réfléchit la lueur des matières. Dieu, sous ton geste vierge, sous ta robe vestale, dans ta nudité inaltérée de mains, de vices, de crimes, où dessous des intentions se sont faites des nuits, des tombes et des aîtres, où tu boites parfois dans la peur des mains calleuses.

Jonathan

 

 

 

 

13/04/11

 

À une poignée d’homme j’ai offert mon cœur. Mon corps c’est une autre histoire ; je suis bizarre, pour faire mon cœur s’exiler, il me faut l’ivresse des images, ils étaient poète, photographe, réalisateur.
Pour délivrer mon corps, il faut que leur âme m’atteigne plus en profondeur. Pas d’amour en mon ventre sans que je ne sois engloutie sous cette force nitestcente. Ici, une fille a dit un jour à un ami : je m’aime à trois heures du matin. J’explore aussi mon corps, j’en écoute les failles et en reconnaît les éclosions. Le plaisir danse sous mes draps nébuleux, et je suis libre. Et je suis seule heureuse.
Cependant, par moments il est vrai que je manque d’une bouche. Il est des soirs où, comme la rosée, je rêve de baisers crépusculaires, de baisers lunaires, de pénétrer et de quitter des ambiances contrastées les lèvres toujours cousues, noir sur gris, au même sourire… envahissant.

Il y a quelques mois, j’ai commencé à aimer quelqu’un et puis finalement j’ai abandonné. On écrivait une histoire ensemble, par fragments, comme des confettis jetés de part et d'autre de la
Méditerranée.

L.

 

Image : Photographie – Bernard Plossu.

Rédigé par L.

Publié dans #Fragments

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